Devoir d’enquête: Délivrez-nous du mal

Depuis la mort de sa fille Corine, Jean-Pierre Malmendier a lutté pour une justice plus humaine envers les victimes.

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Dans la nuit du 27 au 28 février 2011, Jean-Pierre Malmendier succombait à une crise cardiaque. Ex-parlementaire, il était surtout connu pour avoir fondé, en 1992, l'ASBL Marc et Corine, pionnière en matière de lutte pour le droit des victimes.

En juillet de cette année-là, il avait perdu sa fille, Corine, assassinée par deux malfrats qui avaient profité d'un congé pénitentiaire, et d'une libération conditionnelle, pour se lancer dans une longue dérive de huit jours durant lesquels ils tuèrent trois personnes.

Quelques années plus tard, Thierry Muselle et Thierry Bourgard étaient condamnés à perpétuité. Entre-temps, les parents de Marc et Corine avaient fondé l'ASBL du même nom et obtenu 260.000 (!) signatures pour une pétition demandant l'instauration de peines incompressibles pour les crimes graves.

Mais Jean-Pierre Malmendier n'était pas un homme guidé par la haine et la soif de vengeance. Loin de là. Le reportage de Devoir d'enquête peut être considéré comme un hommage à cet homme qui, le jour même des funérailles de sa fille, rendit visite aux parents de Thierry Bourgard pour leur apporter du réconfort.

Plus tard, il s'engagea aussi dans une médiation qui l'amena, en 2007, à rencontrer en prison Thierry Muselle. Un formidable coup de lumière sur un processus de justice réparatrice, qui ne comble pas le manque lorsqu'un être cher est assassiné, mais qui peut soigner certaines blessures.

Un geste terriblement humaniste. Jean-Pierre Malmendier étonnera encore son monde, lors d'une séance du tribunal d'application des peines, en souhaitant "bonne chance" au meurtrier de sa fille, engagé sur la voie de la réhabilitation. Une grande âme.

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