Des roses en hiver

Autour du droit à mourir dans la dignité, une fiction tendre et délicate joliment incarnée.

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Vivre vieux, d’accord, mais dans quel état? Celui de Jean, il le sait, sera de moins en moins vaillant. Son cancer se révélant incurable, il n’a pas l’intention de continuer à infliger à son corps de lourds et inutiles traitements. Et puisque sa mort prochaine est certaine, l’octogénaire a décidé d’anticiper l’inéluctable et de partir dignement. Il a déjà pris rendez-vous avec une clinique en Suisse, où le suicide médicalement assisté est autorisé. Soutenu par sa femme, ne reste plus à Jean qu’à annoncer la nouvelle à leurs trois enfants.

Epineux sujet de société, le droit à mourir est abordé ici dans son aspect le plus intime, soulevant des questionnements éthiques où s’entrelacent de complexes sentiments personnels. Jean est-il, comme le considère sa fille Elsa, un égoïste insensible à la douleur des siens -notamment de son épouse Madeleine qui, par amour, envisage de se suicider de concert? Sa décision relève-t-elle à l’inverse d’un choix qui, estime son jeune frère Julien, ne regarde que l’intéressé? L’affection implique-t-elle de garder l’autre près de soi ou de le laisser libre de s’en aller? En divisant la fratrie, ces interrogations viennent aussi souligner un rapport singulier à la mort et la particularité de la relation que chacun entretient avec son père – source de malentendus comme de jalousies. Se mêlent alors révolte butée et infinie tendresse dans une brutale confrontation où ceux qui restent devront apprendre à continuer seuls.

Sur un sujet extrêmement délicat et propice au pathos, le téléfilm de Lorenzo Gabriele parvient à signer une partition subtile où domine la vie et où l’émotion, délicate, n’altère nullement la réflexion. Une vision joliment portée par des acteurs tout en finesse et que tâchera de prolonger, en seconde partie de soirée, le débat animé par Julian Bugier.

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