De Gaule 1940-1944, l’homme du destin

En quatre années de conflit, le général de Gaulle a bouleversé le destin de la France. Et imposé le sien.

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Si je vis, je me battrai, où il faudra, tant qu’il faudra, jusqu’à ce que l’ennemi soit défait et levée la tache nationale." Cette détermination rageuse à vaincre, racontée par de Gaulle lui-même dans ses Mémoires de guerre, forgea son destin – et par là-même celui de la France, auquel le général s’identifia. Mais un destin taillé en solitaire durant les quatre années que dura le conflit opposant les Alliés à l’Allemagne nazie.

 

Plus qu’une page d’histoire, Patrick Rotman en fait un feuilleton romanesque, avec son héros – on adopte ici le point de vue de de Gaulle -, ses antagonistes et ses rebondissements qui insufflent un formidable rythme à son documentaire. S’appuyant sur des images d’archives intelligemment mises au service de la narration, le réalisateur déroule un commentaire passionnant, qui raconte avec force anecdotes le double combat d’un homme à la foi inébranlable: pour imposer le pays dans le camp des vainqueurs, tout d’abord, mais aussi pour se faire reconnaître comme chef de la France libre.

 

Cette dernière bataille n’est pas la moins ardue. Accusé, lorsqu’il gagne Londres en 1940, d’être un traître à la patrie, il peine à rallier les Français. Un temps soutenu par Churchill, il finit par irriter le "vieux lion" à force d’orgueil et d’obstination. Quant à Roosevelt, sitôt entré en scène, il ignore ce "gêneur sans troupes" qui ne lui inspire nulle confiance et préfère traiter avec Pétain. Rotman cite leurs échanges parfois fleuris, dont l’authentique truculence donne chair au récit. Et l’on suit comme une fiction ce parcours extraordinaire, par lequel un homme seul parvint à rassembler tous les mouvements d’une Résistance unie derrière la croix de Lorraine. En descendant les Champs-Elysées le 26 août 1944, de Gaulle savoure sa revanche: il a trouvé son destin.

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