[CULTURE] Pop Legendes: Amy Winehouse

Arte raconte le génie fulgurant d'Amy Winehouse, puis offre vingt minutes de live somptueux.

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Il y a trois ans et des poussières, son décès provoquait une émotion forcément étrange. Trop fragile, la chanteuse britannique avait été petit à petit abandonnée par son esprit, puis par son corps tout entier, absorbée par les drogues, l'alcool et ces "rehab" à répétition qui donnaient de foutus faux espoirs à sa survie. Filant à l'anglaise, Amy Winehouse a rejoint Hendrix, Joplin, Morrison, Cobain et Jones, ces génies de passage auxquels le destin n'a accordé que 27 années pour briller. Une légende était née en seulement deux albums: Frank et Back to Black. Deux perles qui ont fait l'unanimité sur tout le globe, parvenant à faire aimer la soul, le blues et le jazz même à ceux qui pensaient n'avoir aucune affinité avec ces univers musicaux parfois difficiles à cerner. Ses cheveux, ses tatouages, son maquillage, ses boucles d'oreilles ou ses yeux égarés figurent parmi les images que le temps finira par effacer.

Car au bout du compte, comme le veut la coutume, ce sont les chansons qui resteront. Et cette voix rauque, vibrante, à la fois vaporeuse et puissante, finira par nous faire oublier qu'elle sortait d'une âme chancelante. Ce samedi, Pop Légendes, sur Arte, appuie sur la touche "back" avec un portrait qui ne néglige en rien les lumières d'une existence qui ne fut pas toujours chaotique. Ses parents, sa meilleure amie, ses producteurs, son guitariste ou son manager font tomber le masque, apportant des témoignages inédits. Un coup de projecteur que la chaîne fera suivre d'un coup de maître: un concert de 20 minutes à peine, capté le 3 décembre 2006 dans l'église St-James de Dingle, en Irlande. Touchée par la grâce, Amy Winehouse y montrait son vrai visage: celui d'une artiste capable d'emmener son public n'importe où, laissant ses démons en coulisses pour mieux ensorceler ses hôtes…

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