[CULTURE] Il Trovatore

Vivre le Festival de Salzbourg en direct, c'est le cadeau que nous offre Arte ce soir. On retrouve Placido Domingo dans un de ses opéras fétiches.

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Ni le déficit ni la fin de règne du très mégalo Alexander Pereira n'ont heureusement entamé l'incroyable qualité de la programmation de l'événement classique majeur de l'été. On en veut pour preuve ce Trovatore (Trouvère), à la distribution bluffante. On y retrouve en effet l'extraordinaire Anna Netrebko en Leonora et surtout le mythique Placido Domingo en comte de Luna (le temps passe, aux côtés de Montserrat Caballé, en 1968, c'était Manrico, le jeune premier, qu'il interprétait).

Ne vous attendez pas à du "théâtre filmé" ampoulé, car la représentation de cette œuvre majeure de Verdi sera placée sous le signe du beau, du grand, de la tradition revisitée. Replonger dans le contexte historique, le réinterpréter, oser la modernité mais toujours, jusqu'à la maniaquerie, privilégier l'esthétique, sont autant d'obsessions du metteur en scène letton Alvis Hermanis – dont on a pu admirer l'année passée le sublime Jenufa à La Monnaie. Sa rencontre avec Il Trovatore sonne donc comme une évidence et nous réserve bien des surprises!

Car Il Trovatore, c'est l'opéra romantique, sombre, tragique par excellence. Il y a du Victor Hugo dans cette histoire de gitane vengeresse, de passion fusionnelle et impossible, d'Espagne médiévale et de rivalité fraternelle. Tous les ingrédients y sont: l'enfant noble enlevé, les bohémiens, les bûchers, les châteaux, les nonnes, les poisons fulgurants, l'amour d'une jeune fille noble pour un ménestrel, la jalousie d'un prétendant de haut lignage… Et surtout les mélodies y éclatent, avec la force et le panache qui sont les signatures de l'auteur de Rigoletto. A (re)découvrir, pour l'amour du beau.

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