Complément d’enquête: Les nouveaux guerriers

Portrait d'une France en guerre. Entre blessés d'Afghanistan et agents de la DGSE dont la mort ne livre jamais tous les secrets.

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Depuis quelques jours, les services secrets français se sont extirpés, bien malgré eux, de l’ombre dans laquelle ils aiment se tapir.

Ils ont d’abord fait la une des médias suite à la publication du livre du colonel Thierry Jouan (Une vie dans l’ombre, éd. du Rocher), qui a passé 13 ans dans le Service Action de la DGSE. On y découvre le quotidien ultra-opaque d’un homme plutôt bien placé dans l’organisation.

Soutien à des rebelles en Angola, mission en Turquie à l’époque de l’ex-URSS, silence complet vis-à-vis de ses proches, simulation de filature dans des pays limitrophes de l’Europe: les coulisses de la DGSE y sont contées, et on ne se situe effectivement pas si loin d’une bonne tranche de cinéma d’action.

Puis, récemment, les services secrets français ont aussi été mis en avant lors de la tentative de sauver l’un des leurs, Denis Allex, retenu en captivité en Somalie depuis 2009. L’opération a échoué et deux agents de la DGSE, outre l’otage, y ont laissé leur peau.

À l’heure où la France a déployé ses soldats au Mali, Complément d’enquête se penche sur les victimes anonymes d’une nouvelle manière de faire la guerre, où les troupes spéciales sont de plus en plus exposées.

Pour l’Occident, le glissement historique entre combats de masse et offensives ciblées est bel et bien enclenché. Depuis 1945, 200 agents français auraient d’ailleurs disparu dans des circonstances dignes d’un James Bond: décapitations en Indochine, empoisonnements en France, disparitions en Europe de l’Est, et on en passe…

Quant à ceux qui survivent et quittent ces services spéciaux, ils se recyclent parfois dans des domaines similaires. Où la mort n’est jamais très loin.

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