Comme un chef: Les ingrédients du succès

Saison 2, top cuisine! La preuve que pour faire un bon jeu culinaire, il faut les bonnes denrées. Prenez des notes.

211493

Comme il est loin le temps où les cuistots nous prodiguaient leurs bons conseils en préparant tranquillement une recette devant nos yeux. Finie, la cuisine façon Maïté. La télé culinaire a tourné à la corrida acharnée entre candidats passionnés et dopés à la sauce wasabi. Sous les yeux d'un jury sans pitié, leurs plats sont décortiqués, jugés, réassaisonnés et transformés en de véritables assiettes de compète. C'est valable pour MasterChef, Top Chef ou même le Dîner presque parfait aux succès d'audience hallucinants. A l'heure où la deuxième saison de Comme un chef démarre sur La Une, voici la recette imparable de la télécuisine en folie, commentée par sa coach Candice Kother…

1. Casting: frais, robuste, coloré

Avant toute chose, sélectionnez bien vos candidats. Ils doivent être bien frais, pleins de santé, colorés et variés. Sur la ligne de départ de Comme un chef, ce jeudi 19, ils seront 7. Pour les avoir rencontrés, on peut vous dire que la sélection du gibier ne s'est pas faite à l'aveugle. Une mixité est quasi parfaite: 3 filles et 4 garçons; et des caractères bien distincts, entre Alexandre le perfectionniste, Lucille la créatrice, Benoît l'exubérant ou Alice la gourmande. Âgés de 19 à 22 ans, ils sont hyper-motivés, préparés et enjoués comme de vrais bébés cuistots. Issus de nos écoles hôtelières qui désossent et plument les mauvais élèves bien avant de les laisser arriver à un tel niveau, ils finissent ou viennent de finir leur cursus scolaire. Bref, du lourd.

L'avis de Candice la coach: "Bien sûr, on les a choisis en fonction de leur tempérament: ils devaient être prêts à avoir des caméras sur eux quasi 24 h sur 24. A côté de cela, on voulait aussi une vraie équipe, à la fois concurrente mais solidaire et, bien sûr, qu'ils fassent preuve de créativité. On n'est pas dans MasterChef, où tout le monde est le bienvenu. On est dans une aventure qui montre des jeunes ayant un talent à développer."

2. Casserole à pression

Il faut un effet cocotte et laisser mijoter les candidats longtemps. Et les remuer de temps en temps jusqu'à cuisson parfaite. C'est l'un des ingrédients-clés: faut que ça chauffe, ça transpire, ça saigne, ça galope! Lorsque la minuterie s'arrête, le plat doit être beau, bien cuit, parfaitement assaisonné, créatif et bien dressé. Dans MasterChef, on a l'impression que les candidats n'y arriveront jamais, tant le chrono semble de mauvaise humeur. A chaque épreuve, il y en a un qui doit recommencer sa béchamel ou ses brocolis, juste avant que ne sonne le gras. Dans un Dîner, même topo: il manque toujours un bout de viande ici ou là, ou un dessert valse sur le carrelage au moment où sonne le premier invité…

L'avis de Candice: "La pression est indissociable de ce type d'émission. C'est avant tout une compétition et un jeu. Et qui dit jeu dit gagnant. Les candidats le savent. Dans Comme un chef, ils sont coupés du monde pendant 6 semaines. Pas question de téléphoner à maman au moindre coup de blues. C'est dur, épuisant, mais ils savent aussi qu'ils vivent une sorte de colonie de vacances 3 étoiles."

3. Du piment

Assaisonnez avec des épices bien corsées. Un jury piquant, par exemple. Si vous n'en avez pas, optez pour des chefs: ça donnera un autre goût. Ceux de Top Chef et de MasterChef sont de véritables truands. Quand un plat n'est pas à leur goût, ils tirent à vue. Parfois, l'assaut reste poli: "Cette assiette manque d'émotion et, moi, sans émotion, je n'ai pas envie d'être un bon client" (le cuisiner est très philosophe, parfois). Mais en cas de foirage évident, c'est carrément l'artillerie lourde: "Il n'y a aucune finesse, aucun respect du produit et pas le moindre sursaut créatif dans cette sauce". Des mots cash qui atomisent. Du côté du Dîner presque parfait, les candidats eux-mêmes servent de jury. Beaucoup plus hypocrite: réfugiés dans une autre pièce (souvent la salle de bain), ils lancent leurs piques. Avant de revenir à table tout sourire…

L'avis de Candice: "Chez nous, on refuse l'audimat négatif créé par la méchanceté ou les sautes d'humeur des uns et des autres. Un jury-surprise intervient lors de la dernière émission, pour désigner le gagnant. Avant cela, six chefs ouvrent l'un après l'autre leurs cuisines aux candidats pendant une semaine. Et les cuisiniers ont également passé un casting! Ils doivent être étoilés, avoir une grande cuisine (pour accueillir le dispositif de tournage) et une vraie envie de partager. Ceux qui veulent garder leurs petits secrets pour eux, on ne les prend pas."

4. Les surprises du chef

Ne lésinez pas sur les ingrédients que personne ne connaît, histoire d'impressionner les invités. Soyez créatifs. Faites ensuite semblant de partager votre recette… en sachant que les hôtes n'en retiendront pas une miette. Ces émissions ont le chic pour donner le sentiment qu'on est tous de vraies clenches en cuisine. Les candidats font poêler des poissons dont même les océans n'ont jamais entendu parler. Ils cuisinent des légumes que l'épicier du coin ne connaît pas. Et on se demande comment ils font pour assembler le tout avec harmonie. Frustrant? En fait, non: ça nous pousse à vouloir en faire autant, surtout quand on s'aperçoit que même les mioches en sont capables (souvenez-vous de MasterChef Junior…). Nos écoles hôtelières sont formelles: depuis l'apparition de ces jeux, leurs inscriptions augmentent de 5 à 10 % chaque année. Et on ne parle même pas du business des bouquins ou des cours de cuisine…

L'avis de Candice: "Face à MasterChef, on est admiratif mais on oublie tout. Dans le Dîner presque parfait, on a plutôt envie de cuisiner en même temps que les candidats. Nous, on a fait un mixage des deux recettes: on fait rêver les gens avec des belles assiettes, mais on leur donne aussi des trucs faciles à reproduire. Des petites démos sont intégrées. Il y a du glamour et du pratique."

5. Un zeste d'émotion

Ajoutez une pincée d'émotion ou des larmes tout court. Ça n'a l'air de rien, mais votre plat sera beaucoup plus intéressant avec un soupçon d'amertume. Même dans un menu gastronomique arrive un moment où les assiettes sont vides. Où il faut quitter la table et dire au revoir à tout le monde. Ça s'appelle l'élimination. On a tous en tête l'image du perdant qui, l'œil humide, referme la grande porte du hangar. Il est triste et ses camarades aussi, tandis que soudain le jury se fait ange bienveillant. Beau et tristounet. Mais surtout essentiel pour relancer les troupes (regardez donc ce qu'il vous arrivera si votre rôti sent le cramé…). Le pire, c'est qu'après quelques heures, tout le monde a oublié le nom de l'éliminé…

L'avis de Candice: "Bien sûr il y a des larmes et beaucoup de déceptions. Quand un candidat loupe une épreuve au bout de cinq semaines de compétition intensive, il craque. Je peux vous dire que, chez nous, certains ne s'en sont pas relevés. On a des images très tristes en boîte, mais ce n'est pas dans la philo de la RTBF d'insister là-dessus. Et puis, la plupart des candidats ressortent quand même du jeu avec des opportunités professionnelles. Le gagnant fait un stage d'un an au Comme chez soi. Celui de l'an passé, Simon, vient d'entrer dans le nouveau resto de Sang Hoon Degeimbre (chef de L'Air du Temps). Quand on arrive à l'émission, on est déjà gagnant d'office. Du moins chez nous…"

COMME UN CHEF
Jeudi 19 La Une 20h20

Sur le même sujet
Plus d'actualité