Clemenceau

Commémoration du 11 novembre oblige, un hommage à Clemenceau, principal artisan de la victoire alliée.

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1917. Alors que les Alliés sont battus sur tous les fronts, le président de la République française Raymond Poincaré charge Georges Clemenceau, sénateur alors âgé de 76 ans, de former un nouveau gouvernement.

Les deux hommes ne s’aiment pas, mais Poincaré n’a guère le choix: celui que l’on surnomme "le Tigre", en raison des coups de griffe qu’il distribue volontiers à ses adversaires, est l’un des seuls à se battre pour la victoire quand le pays entier réclame l’arrêt des hostilités, quitte à céder face à l’Allemagne.

Autoritaire, entêté, intègre, il incarne le dernier espoir d’aboutir à une sortie de guerre la tête haute. Et de fait, Clemenceau manœuvre avec doigté. Il parvient à imposer aux Alliés un commandement unique sous la houlette du général Foch et inverse in extremis l’équilibre des forces.

Le 11 novembre 1918, l’armistice signe, avec la fin du conflit, la victoire de la Triple-Entente contre l’Allemagne défaite. "Le Tigre" devient "le Père la Victoire"…

Héros de la Première Guerre mondiale, farouche défenseur de la République, Clemenceau n’avait jamais été incarné à la télévision.

Pour cette première, l’historien Serge Berstein et le producteur et scénariste Jacques Kirsner ont choisi de centrer l’intrigue sur les années 1917-1920 – soit de la nomination de Clemenceau à la présidence du Conseil à sa candidature avortée à la présidence de la République. Pour retracer son parcours, les scénaristes ont convoqué un personnage fictif, celui d’une jeune journaliste québécoise venue à Paris en 1924 pour écrire un livre sur cet homme complexe, admiré des uns, détesté des autres. L’astuce apporte une fraîcheur bienvenue.

Car si le téléfilm s’avère instructif – c’est le rôle du service public -, il n’échappe malheureusement pas au syndrome de l’amidon. Trop explicatif, trop poussiéreux, ce "Tigre" manque d’allant.

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