C’est parti pour une nouvelle saison de Chez Maupassant

C’est parti pour une nouvelle saison de Chez Maupassant. Une fournée prometteuse qui pourrait bien être la dernière.

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A l’origine, le projet ne convainquait pas grand monde. Mais Maupassant a bel et bien trouvé son public. Avec respectivement 27,5 % et 23,1 % de parts de marché, les deux premières saisons ont offert à ce programme patrimonial une jolie réputation. Et malgré les rumeurs évoquant l’arrêt du projet, les deux directeurs de la collection, Gérard Jourd’hui et Jacques Santamaria, ont décidé de repartir pour huit nouvelles adaptations du prolifique écrivain. Un possible dernier tour de piste, dit-on, dont le coup d’envoi est donné ce soir avec la diffusion des deux premiers épisodes de cette troisième saison inédite.

Petit chef-d’œuvre qui imposa son auteur comme un maître de la littérature, Boule de suif inaugure la soirée avec brio. On y retrouve ce qui fit le succès des précédentes saisons: un très joli casting – Marilou Berry et Daniel Russo en tête – et une réalisation enlevée, habile mise en images d’une thématique intemporelle. Comédie féroce épinglant la bourgeoisie française de 1870, l’intrigue suit le voyage en diligence de civils fuyant Rouen, occupée par l’armée prussienne. Deux jours d’un périple où se poseront, tour à tour, les questions des différences sociales, du patriotisme, du courage, de la décence.

Face à l’intégrité de l’héroïne, prostituée qui donne son titre à la nouvelle, les notables et les religieuses qui l’accompagnent tombent le masque, dévoilant dans l’adversité une ignominie mal dissimulée sous les apparats de la respectabilité. Cruel et terriblement contemporain, le regard de Maupassant est ici traduit dans toute son acuité.

On se montrera un brin moins enthousiaste pour le deuxième opus, où Jean-Pierre Marielle cabotine un peu en oncle Sosthène libre penseur, bouffeur de curé converti en une nuit à la bigoterie la plus rigoriste. Mais la critique – pensée dominante, transfuge abandonnant ses idéaux d’hier, convictions à géométrie variable – reste réjouissante, alors on profite de cette (dernière?) série de Maupassant.

27 avril: France 2 20h35 – Chez Maupassant

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