C’est arrivé près de Hakima

 

Inconditionnelle de Benoît Poelvoorde, la journaliste-vedette de RTL-TVI réalise son rêve: lui croquer le portrait. Un beau moment, sincère, authentique et précieux.


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Dites "Benoît Poelvoorde" et son regard pétille. Hakima Darhmouch a toujours été émue par l'acteur autant que par l'homme. Au point que la présentatrice du 19 heures de RTL-TVI propose ce dimanche un portrait exclusif de l'ami Ben. "L'idée vient de moi, explique Hakima. Benoît était venu sur plateau de mon JT pour Rien à déclarer avec Dany Boon. Ça m'a donné l'envie irrésistible de monter quelque chose autour de lui. Un document humain et intimiste."

Son Benoît Poelvoorde, 20 ans de succès est le fruit réussi d'un an de travail. Un an à obtenir l'accord de l'intéressé qui dose davantage que par le passé sa présence dans les médias, un an à l'apprivoiser, un an à réunir des témoignages, des images et de la documentation pour cerner cette personnalité hors du commun. Un an à préparer minutieusement ce portrait de 70 minutes composé d'une dizaine de reportages entrecoupés de tête-à-tête entre Poelvoorde et Hakima, dans le décor du Théâtre du Vaudeville à Bruxelles. Pas question de barnum à la Justine Henin ou Jean-Claude Van Damme. Tant mieux car cette simplicité colle parfaitement à cette interview-portrait qui dessine habilement un "être unique et à part du microcosme des stars, comme dit Hakima. Il est intelligent, exigeant et torturé. Il a un sentiment de culpabilité par rapport au succès". Pour comprendre le phénomène Poelvoorde, Hakima et son équipe ont retrouvé ses profs d'internat, ses meilleurs amis, et même Rodolphe son coiffeur de toujours.

"On voulait découvrir les traits de caractère soulignés par tous les intervenants,explique la journaliste. Il ressort qu'il a toujours été joyeux luron, intelligent mais torturé. Poelvoorde aime dire des Belges et de la belgitude que c'est la mélancolie joyeuse. Cette formule le résume parfaitement. Avec, en plus de la modestie, de la folie, de l'anxiété, de l'exigence et un humour incroyable." Pour cerner aussi bien l'homme, Hakima Darhmouch le confesse, elle en a bavé. "C'est l'interview la plus difficile que j'aie faite de ma vie." À son tour de se confesser, à la lumière de la filmographie de Poelvoorde.

Quand sort C'est arrivé près de chez vous, vous avez 14 ans. Un choc?
Hakima Darhmouch – Oui. Mes frères et ma sœur aînée étaient dingues de ce film. Je l'ai vu en vidéo avec eux. Mais je ne captais pas tout, je trouvais ça trash. Ces scènes de crime, de viol… Je ne comprenais vraiment pas l'enthousiasme autour de ce film. Ado, le second degré du film me passait au-dessus de la tête. Je l'ai revu quelques années plus tard et maintenant j'adore. C'est devenu un des mes films cultes, au même titre que Reservoir Dogs et Pulp Fiction de Tarantino.

Quel est votre film préféré avec Benoît Poelvoorde?
Il est assez exceptionnel dans Podium. Pour la performance artistique, physique et la finesse du jeu. Pour d'autres raisons, Les portes de la gloire et Le vélo de Ghislain Lambert… Et "nonobstant", Les convoyeurs attendent évidemment.

Poursuivons avec des questions contenant des titres de ses films… Le sous-titre du 19 heures que vous présentez, est-il C'est arrivé près de chez vous?
(Rire.) Près de chez vous et ailleurs! Nous donnons de l'info de proximité mais des sujets internationaux pour sensibiliser notre public. Car ce qui se passe ailleurs, en Grèce ou aux États-Unis, a un impact direct sur nous. Si l'on reste dans la veine du film, on est servi en matière de faits divers atroces! Au point qu'on a parfois l'impression que la réalité dépasse la fiction.

Les randonneurs, c'est votre truc?
Ça dépend où, quoi et avec qui. Avec Karin Viard et l'équipe du film, je serais partante. J'ai déjà fait de la randonnée au Maroc, dans l'Atlas. Mais pas de la survie, hein! Je serais plutôt Randonneurs à Saint-tropez. Ça doit rester un plaisir.

Quand avez-vous eu le sentiment de franchir Les portes de la gloire?
Jamais. Franchir les portes du bonheur m'intéresse, pas celles de la gloire. Je ne suis pas en quête de succès. Je veux seulement être heureuse.

Seriez-vous capable d'enfourcher Le vélo de Ghislain Lambert?
Oui. Pour déconner. J'ai fait beaucoup de spinning pendant un an. Mais je suis très fainéante, il me faut du plat et de la descente. Par contre, j'ai découvert l'an passé le plaisir de regarder le Tour de France à la télé. J'ai été bluffée par les frères Schleck. Andy et Frank, hop, les deux! Pas de jaloux! Couvrir un jour les à-côtés du Tour de France me plairait bien.

Envers qui vous dites-vous "c'est Le boulet"?
Envers moi-même. Je peux être un véritable boulet car j'ai l'art de freiner mes envies et mes projets par manque de confiance en moi. Au moment de prendre des risques, le boulet demande toujours: "Vas-tu y arriver? Est-ce bien raisonnable?"

[…]

Le grand méchant loup (film actuellement en tournage avec Kad Merad) vous fait toujours peur?
Oui. Il a différentes formes. Pour moi, le grand méchant loup, c'est la maladie incurable, le cancer, tellement répandu. Je suis très hypocondriaque.

Vous partez en vacances, je suis le douanier, vous me dites "Rien à déclarer". C'est vrai, ce mensonge?
Evidemment! Je ne fais pas de conneries et je ne trafique jamais rien. Dans ma valises, on ne trouve que de l'eau de rose, un nettoyant pas cher, un masque hydratant et un démaquillant. Mes prochaines vacances, je les passerai en Corse, durant trois semaines, en septembre. J'aime travailler en été.

Terminez la phrase: Mon pire cauchemar serait…
De ne pas m'être amusée au cours de ma vie avec les personnes qui me sont chères. Mon pire cauchemar, ce serait l'ennui.

Le grand soir, c'était quand dans votre vie?
Il y en a eu quelques-uns. Mais c'est privé, ça, Monsieur! Un grand soir racontable, c'est le premier où j'ai été vivre seule dans mon propre appartement. Où j'ai quitté le cocon familial. C'était l'indépendance, la liberté, être seule avec soi-même. C'est là qu'on commence vraiment à se projeter dans le futur.

Terminez la phrase: Quand je serai petite
Je suis toujours petite, dans ma tête en tout cas. Mes souvenirs d'enfance restent intacts. C'est la meilleure période de ma vie. J'ai encore mes réflexes de gamine, de naïveté d'enfant. Une capacité d'émerveillement.

Interview complète dans Moustique

Fernand Letist

BENOIT POELVOORDE, 20 ANS DE SUCCES DIMANCHE 22 RTL-TVI 20H20
LA GUERRE DES MISS DIMANCHE 22 RTL-TVI 21H40

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