Ce soir sur la Une: la gueule de l’emploi

Déstabiliser, infantiliser, humilier des candidats lors d'un entretien d'embauche, est-ce bien utile? Réponse dans ce doc anxiogène.

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Naguère, un C.V. bien étayé permettait de décrocher un bon emploi. Aujourd'hui, crise oblige, les règles du recrutement ont changé. Batteries de tests, questions psy, jeux de rôle, soumission, l'employeur met tout en œuvre pour dégoter la perle rare. À moindre coût. Ah, l'entretien d'embauche! Tout le monde (ou presque) connaît la sensation désagréable qui l'accompagne. Le stress, meilleur ennemi du jour, fait transpirer, bredouiller, trembloter. Un exercice qui relève souvent de l'épreuve de force.

Les candidats au poste de cadre commercial montrés dans ce documentaire sont bien placés pour le confirmer. L'infantilisation des postulants lors d'une session de recrutement pour une compagnie d'assurance est poussée à son paroxysme. Les curriculum vitæ mis de côté, l'entretien s'effectue comme à l'école: professeur autoritaire, jurés taiseux, critiques. De quoi déstabiliser ces cadres qui, pour la plupart, n'en sont pourtant pas à leur coup d'essai.

Les pratiques humiliantes qui rythment ces deux journées de test, où le non-port d'une cravate conduit à la descente en règle d'un des candidats, s'avèrent finalement aussi peu efficaces que crédibles. Pris au piège dans un véritable jeu de rôle, les aspirants commerciaux doivent enfiler le costume de personnages qui ne lui ressemblent pas, s'imaginer clients, vendre leur voisin, le tout dans un climat tendu. Un vrai casting de comédiens! C'est qu'au travers d'entrevues qui entrecoupent ce processus d'emploi que les postulants dévoilent leur vrai visage. Bien plus révélateurs de leurs compétences et de leurs personnalités que l'entretien d'embauche en tant que tel, ces apartés finissent de nous convaincre: le système actuel de recrutement souffre de déviances.

19 septembre: La Une 22h00: La gueule de l'emploi

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