Ce soir sur France 3: Jeanne Devere, une femme libérée

Un doyen de la réalisation sort de sa tanière et puise dans sa mémoire pour conter le destin d’une résistante.

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La France sous l'Occupation. Jeanne Devere est une militante acharnée, à l’avant-garde de sa génération. Après l’arrestation puis la déportation de son mari, elle apprend que c’est son amant, Marc Hétier, qui l’a dénoncé. La vengeance guette. Et c’est par l’écriture d’un roman que celle-ci va se matérialiser. C’est ce parcours, bien réel et s’étendant de 1944 à 1947, qui est conté dans cette fiction. De l’obscurité des réseaux de résistance à la notoriété littéraire d’une femme libre.

Particularité intéressante de ce téléfilm: il est signé Marcel Bluwal, 86 ans, qui a donc lui-même vécu la période évoquée. Ce réalisateur prolifique de la télévision (et de séries cultes des sixties comme Vidocq) le concède: "J’ai pris ma caméra, car j’ai vu trop de conneries faites à la télé et au cinéma sur cette période." Une caméra qui suit donc le riche et difficile parcours d’une résistante incarnée par Léa Drucker. "À l'époque, être une femme libre pouvait vous coûter la vie, explique la nièce de Michel Drucker. Mais, en fait, Jeanne n’était pas plus courageuse que les autres femmes. Son besoin de liberté était aussi vital que celui de manger."

Le film est par ailleurs le dernier de Bernard-Pierre Donnadieu, disparu à 61 ans, il y a moins d’un an. Il campe un vieux communiste. "Pour ne pas plomber l’ambiance sur le plateau, il n’a pas voulu ébruiter sa maladie. J’étais le seul à savoir, raconte Bluwal. À la fin, il m’a confié que ce rôle avait été le plus beau de sa vie." En voilà un magnifique compliment! Mais cette fiction, incarnée avec brio par Léa Drucker et qui réussit à nous captiver en relatant des faits historiques intéressants, a un défaut: celui d'hésiter entre les genres. Film policier? Documentaire? C’est parfois perturbant!

David Hainaut

10 septembre: France 3 20h35: Jeanne Devere

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