Ce soir sur Arte: Rome

D'emblée, on la sent sur la défensive. Un peu rebelle, même. Mais on ne peut lui en vouloir. Incarner Cléopâtre à l'écran, c'est s'exposer inévitablement aux comparaisons et, de fait, aux critiques. Mais après tout, Lindsey Marshal (The Hours, Au-delà…) se fout d'être jugée. Ce mythe, elle l'a totalement embrassé, faisant fi des précédentes incarnations. Et elle assume.

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À l'évidence, vous avez dû ressentir une certaine pression!
LINDSEY MARSHAL
– Je dois bien l'admettre. Passé l'excitation d'avoir obtenu ce rôle (il m'aura fallu six mois de casting pour en hériter!), je me suis tout de suite aperçue que c'était un personnage sur lequel tout le monde avait déjà de nombreuses idées préconçues. C'était très effrayant. Et j'ai dû dépasser ce stade pour m'approprier ce personnage comme je l'aurais fait pour n'importe quel autre rôle.

C'est-à-dire?
J'ai énormément lu à son sujet. Je me suis également rendue dans de nombreux musées pour avoir un aperçu de ses différentes représentations. J'essayais de m'en imprégner au maximum pour pouvoir imaginer quel genre de femme elle avait pu être. Je devais saisir sa vérité pour pouvoir retranscrire le plus fidèlement possible ce qu’elle avait été. Une fois toutes ces informations assimilées, il m'a fallu faire un travail d'abstraction: je devais oublier tout ce que j'avais appris à son sujet et repartir d'une page blanche à illustrer moi-même par la suite.

Quel a été, alors, votre point de vue sur Cléopâtre?
Elle était à la fois intelligente et très sensuelle. L'important, pour elle, était de survivre dans ce monde qui l'entourait. Elle était très courageuse et prête à batailler pour obtenir tout ce qu'elle souhaitait.

En cette fin de saison 2, Cléopâtre est indissociable de Marc-Antoine…
Pour retranscrire leur relation, nous avons beaucoup travaillé ensemble, James Purefoy (Marc Antoine – NDLR) et moi-même. Nous en sommes arrivés à la conclusion qu'ils s'abandonnaient totalement l'un à l'autre. Ils étaient fusionnels. Avant de tourner nos scènes d'amour, nous avions même pris l'habitude d'écouter certaines chansons – comme Tainted Love, version Marilyn Manson -, histoire de nous mettre dans l'ambiance. Ça nous permettait de nous ancrer dans une zone émotionnelle précise. C'était un boulot indispensable, car il nous fallait être à la hauteur de cette histoire d'amour. Peut-être la plus belle de l'Histoire.

Série Rome Arte 20h40

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