Caïn, Saison 3

Le flic en fauteuil risque fort de perdre de sa superbe dans une saison 3 qui n’épargne pas sa vie privée.

1329043

Est-ce le Mistral? Alors qu’un cadavre vient d’être déposé à la morgue, une mise en scène qui ne plaît pas du tout au docteur Elisabeth Stunia, le capitaine Fred Caïn et le lieutenant Lucie Delambre se comportent bien étrangement. Un drôle petit jeu qui a vite fait de semer le doute chez leurs collègues. "Il y a quelque chose qui a changé entre vous, non?" interroge le doux Borel. Si le tandem n’en faisait pas tant, on se poserait également quelques questions tant ces deux-là, qui s’envoyaient pique sur pique les saisons précédentes, alternent fous rires, regards entendus et allusions ambiguës. D’autant que le final de la saison 2 (Caïn et Lucie se retrouvaient seuls dans le noir après une panne de courant au commissariat) préparait habilement le terrain…

Bien qu’un peu trop blanc pour que l’on croie vraiment à sa couture, ce joli fil narratif vient assurément renouveler la relation entre les deux flics, point fort d’une série qui, en revanche, ne brille pas par ses enquêtes sans grand suspense. La première invite Pascal Légitimus dans le rôle d’un ancien flic venu prêter main-forte à l’équipe sur le crime de la morgue, vraisemblablement lié à l’une de ses anciennes affaires non résolues. La deuxième s’intéresse au meurtre d’une employée, dont le seul témoin oculaire est le patron, un homme étonnamment dévoué à son entreprise comme à ses salariés.

Peu convaincante dans son versant policier, Caïn trouve une écriture plus pertinente dans l’humour – même si les scénaristes pourraient en accentuer le côté vachard. Et, judicieuse idée, elle prend également le temps de développer une intrigue feuilletonnante autour du personnage de Ben: plongé dans de sales draps, le jeune fils de Caïn pousse son père dans ses retranchements, ressuscite le passé interlope de Lucie et conduit le commandant Moretti à franchir la ligne rouge. Et là, ça devient intéressant…

Sur le même sujet
Plus d'actualité