Bert Kruismans, la Flandre pour les nuls, la 100e

L'humoriste flamand revisite, avec mordant et inventivité, les grands clichés grouillant des deux côtés de la frontière linguistique.

928421

Ça mitraille, pendant une heure et demie. Bert Kruismans, «L'homme le plus malin du monde», a le français facile et un regard fin sur sa région d'origine, incomprise au sud du pays. Alors, tout le monde en prend pour son grade dans cette 100e représentation de La Flandre pour les nuls.

Wouter Beke se transforme en Harry Potter anonyme, méconnu des Flamands comme des francophones. Le néerlandais d'Elio di Rupo est autopsié à la disqueuse, la maladresse de ses phrases et son incapacité à distinguer le G du K dans la langue de Vondel devenant les causes originelles d'embarrassants imbroglios grammaticaux, balancés lentement à une presse qui craint de rater l'apéritif.

Même la rombière de Watermael-Boisfort, avec son accent pincé et son mépris pour les gens qui disent plutôt «Bosvoorde», et les Flamands accros aux barbecue en prennent pour leur grade. Gentiment, bien sûr, mais le tout laisse une réflexion parfois amère. Kruismans n'a-t-il pas raison quand il souligne qu'il est rare qu'on ait un vrai ami flamand?

Chacune des interventions de Kruismans est entrecoupée de sketches d'humoristes francophones. Bruno Coppens défie et détourne habilement les mots, dans un rôle de roi Albert aigre-doux, rêvant (il s'agit d'une rediffusion) à une retraite que les ministres libéraux lui refusent, avec leur volonté de faire travailler toujours plus longtemps.

Richard Ruben, déjà vu plus en forme, joue les JCVD, multipliant les «awares» et les blagues lourdingues. Défi hasardeux: l'original gagne toujours, inévitablement plus drôle que la copie. Kruismans, lui, parvient à évoluer un ton au-dessus des autres, mimiques et variations de ton soutenant un texte de qualité, tout en rythme et en piques.

Sur le même sujet
Plus d'actualité