Au cœur des robots

Max Aguilera-Hellweg fait figure d'ovni dans le vaste univers de la photographie. Petit, alors qu'il fait l'école buissonnière, il découvre les images de la Seconde Guerre mondiale de son père, photographe aérien dans le Pacifique. 

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La capacité de la photo "à révéler l'inconnu" le fascine. A dix-huit ans, il se forme aux côtés de la légendaire Annie Leibovitz, dans les pages de Rolling Stone. Sa carrière l'emmène en zone de guerre et dans les plus grandes publications, New York Times, Stern et New Yorker compris. Un accident va l'empêcher de se servir de son bras pendant un an. Il doit donc photographier sur pied. C'est à ce moment-là que sa carrière esquisse un virage radical, quand il suit un chirurgien dans plusieurs de ses opérations. Aguilera-Hellweg développe une fascination pour le corps humain, le ballet des mains des médecins, l'atmosphère incomparable des salles d'opération. Cette passion du corps va désormais un pont plus loin. Hellweg photographie les tentatives de création de robots collant au plus proche de notre vécu humain. Dans dix ans, dit-on, le robot sera aussi familier que les ordinateurs personnels. Admirablement filmé, porté par un photographe fil rouge qui trempe volontiers son objectif dans une philosophie éclairante, Au cœur des robots pose la question de l'immortalité et du rôle bénéfique que ces "doubles" électroniques peuvent jouer pour les êtres humains. Sans enfoncer de portes ouvertes ni tomber dans un quelconque délire technocratique.

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