Arletty

Histoire d’un amour franco-allemand sous l’Occupation: une honnête adaptation d’un épisode de la vie d’Arletty.

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Mon cœur est français, mais mon cul est international!" La célèbre réplique prêtée à Arletty répondait à l’accusation de collaboration horizontale qui lui fut faite à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une (coupable?) liaison que s’attache à décrire le téléfilm d’Arnaud Sélignac, dressant à travers cet épisode un portrait de la femme derrière l’illustre actrice.

Nous sommes en mai 1943 et Arletty, en plein tournage des Enfants du paradis, entend bien ne pas laisser la guerre entamer sa soif de plaisirs. Loin de la réalité des combats, elle fête son anniversaire chez la fille du chef du gouvernement de Vichy, Pierre Laval, dans le luxe des belles toilettes et des bulles de champagne. Et succombe au regard acier de HansJürgen Soehring, officier allemand avec lequel elle entame une passion amoureuse sans se soucier du qu’en-dira-t-on. L’amour excuse-t-il tout? Ce biopic ne fait pas l’impasse sur les travers et les défauts de son héroïne, éprise de liberté jusqu’à l’égoïsme, insouciante jusqu’à l’inconséquence, aussi dure que décidée. Mais il ne la juge pas non plus, choisissant plutôt d’exprimer son ambivalence – illustrée par sa double liaison avec Hans, symbole de l’ennemi, et une comtesse membre de la Résistance.

Arletty refuse de choisir un camp, mais décline la proposition de son amant de fuir à l’étranger. Assumant son amour jusqu’au bout, préférant à la lâcheté le risque de l’épuration. Tour à tour légère et tragique, monstrueuse et fragile, Laetitia Casta lui donne un bel élan romanesque. Et réussit par moments à ressusciter Arletty – même si sa gouaille de circonstance apparaît parfois un brin artificielle. C’est aussi le reproche que l’on pourrait faire à cette fiction de bonne facture mais un peu sage, qui peine à prendre de la hauteur. Une jolie découverte malgré tout.

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