Reprise de l’Horeca : faut-il s’attendre à des additions plus salées ?

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Ce week-end, il sera de nouveau possible de s’attabler en terrasse. Pour soutenir la reprise du secteur, le gouvernement a annoncé une réduction temporaire de la TVA. A court et moyen terme, ce coup de pouce bénéficiera-t-il aussi aux clients?

Enfin ! Après plus de six mois de fermeture, c’est le grand jour, tant pour les exploitants que pour le grand public. Sauf caprice météorologique, cafés et restaurants rouvrent leurs terrasses ce samedi. Un moment qui, mine de rien, annonce le retour des beaux jours et laisse entrevoir le bout du tunnel pandémique (du moins on l’espère). De quoi s’enthousiasmer, donc, même si la réouverture - partielle - de l’horeca s’accompagne d’une petite interrogation : quel sera l’impact du confinement sur l’addition des clients ? Faut-il redouter un « effet terrasse », c'est à dire une ruée vers les restaurants et cafés conjuguée à des tenanciers désireux de se refaire après des mois difficiles ? Sans parler des investissements consentis pour s’équiper en vue d’une réouverture « Covid safe »…

Fin avril, un sondage d’Horeca Vlaanderen indiquait que de nombreux établissements envisageaient d’augmenter leurs prix, notamment sur les boissons. Du côté de Test Achats, on admet qu’une hausse ponctuelle sur certains produits (dont la bière) est possible à la reprise. Mais comme le rappelait à l’Avenir Julie Frère, la porte-parole de l’organisation de défense des consommateurs, « l’évolution à la hausse est constante […] Déjà en temps normal, l’augmentation moyenne annuelle est de 2 % ». Or, la majorité des fournisseurs de boissons ont rehaussé leurs prix en début d’année (de 2 à 3% en moyenne, soit une augmentation similaire aux années précédentes). Logiquement, ceci devrait se répercuter en bout de chaine, sur la note du consommateur.

Une hausse ponctuelle et limitée ?

Mais dans le même temps, le gouvernement fédéral a décidé d’une diminution temporaire de la TVA, à un taux de 6% généralisé sur tous les produits, y compris les boissons alcoolisées (au lieu des 21% habituels). De quoi, apriori, garantir une marge plus importante aux exploitants (à prix constants). Reste à voir si la mesure sera suffisante pour contrebalancer tous les effets de la crise. S’appuyant sur une expérience française, deux économistes de l’UCLouvain rappelaient en effet dans une carte blanche qu’une baisse temporaire de la TVA se répercutait moins sur l’addition des consommateurs que la hausse de la TVA qui s’en suivait.

Au final, la hausse des tarifs pourrait bien dépendre de l’état de la trésorerie des uns et des autres. « Il reviendra donc à [chaque exploitant] d’interpréter la situation à sa façon », résumait dans l’Avenir Guy Dewulf, porte-parole de la Fédération belge des distributeurs de boissons. Certains économistes s’attendent en tout cas à un « effet terrasse », avec une petite hausse des prix, qui se tasseraient au bout de 6 mois, 1 an. Car avec des perspectives économiques plutôt moroses, des faillites et des pertes d’emplois attendues suite à la crise, il ne faut pas compter sur un boom des salaires… et donc des prix. « Si les salaires ne suivent pas les augmentations de prix, les prix ne vont pas suivre eux-mêmes les augmentations de salaire et l’inflation ne va pas s’autoentretenir », expliquait l’économiste Xavier Dupret à la RTBF.

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