Le Premier ministre contre le coronapass (pour le moment)

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Alexander De Croo a fait savoir qu’il n’était pas question aujourd’hui de faire comme le Danemark. Mais le sujet n’est pas clos pour autant.

Ce mardi, le Premier ministre Alexander De Croo était invité sur la chaîne de radio Qmusic et bien entendu, il a été questionné sur le coronapass. Que pense-t-il de ce passe-droit Covid qui fait tant polémique? Il le reconnaît d’emblée, il s’agit d’un sujet «très sensible». Il a toutefois tenu à être clair sur un point: à l’heure actuelle, pas question de créer ce genre de passeport vaccinal en Belgique. Mais le chef du gouvernement ne ferme pas totalement la porte pour autant. Il faut selon lui atteindre certains objectifs pour pouvoir en parler, rejoignant en cela d’autres déclarations de personnalités politiques.

Oui et non

Alexander De Croo justifie assez simplement son opposition au coronapass. Si cette hypothèse est pour l’instant refusée, c’est parce que «tout le monde n'a pas eu la chance de se faire vacciner». «Nous ne le ferons pas ici», déclare-t-il, précisant qu’il «n'y aura pas d'assouplissements supplémentaires pour les personnes vaccinées».

Pour les mois à venir, sa position pourrait néanmoins changer. «Quand tout le monde aura eu la chance de se faire vacciner, ce sera une autre affaire. Pour ceux qui n'auraient pas encore été vaccinés, c'est un libre choix. Mais tant que ce n’est pas encore le cas, c'est un peu difficile», estime-t-il.

De Croo, Vervoort, Beke: des déclarations similaires

Le Premier ministre se place ainsi plus ou moins dans la même position que Rudi Vervoort, ministre-président de la région bruxelloise. Ce dimanche, ce dernier s’était montré assez favorable à l’arrivée d’un coronapass au Moustique. «Pour ceux qui ont été vaccinés, cela doit se traduire par un changement. On ne peut pas leur dire qu’il faudra attendre que les sceptiques se décident», déclarait-il. Mais à l’instar du chef du fédéral, lui aussi estimait que cette question ne pourrait être posée qu’à «partir du moment où toute la population aura eu l’opportunité de se faire vacciner».

Le ministre flamand de la Santé, Wouter Beke, a eu une position similaire lorsqu’il a été interrogé sur le sujet par VTM News. «Si tout le monde a eu la chance de se faire vacciner, il faut oser rendre la liberté que l'on vous a en partie enlevée. Il existe des alternatives possibles pour les personnes qui ne peuvent pas se faire vacciner, par exemple en soumettant un résultat de test négatif», a-t-il expliqué.

Un débat hautement polémique

Ce système de coronapass basé sur la vaccination et un test PCR négatif est le choix que vient d’adopter le Danemark. Si une personne remplit l’une de ces deux conditions, elle peut accéder librement aux restaurants, cinémas et même certains événements culturels. En optant pour cette stratégie anti-Covid, le pays scandinave a jeté un pavé dans la mare. Toute l’Europe se met à débattre de s’il faut en faire de même ou pas.

En Belgique, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a demandé un avis des experts sur la création d’un tel pass en Belgique. Interrogé à ce propos, le virologue Steven Van Gucht a estimé que ce passeport corona pourrait être «utile» mais il prévient: la vaccination n’empêche pas totalement la transmission du coronavirus, surtout lorsqu’elle est incomplète. Adopter un coronapass alors que le nombre d’infections reste plus ou moins élevé pourrait être un pari risqué.

D’autre part, d’autres mettent en garde contre les conséquences sociétales et juridiques de ce laissez-passer. C’est le cas d’Equal Opportunities Center Unia qui a jugé qu’un tel outil serait discriminatoire et illégal. Erik Van den Haute, professeur de droit à l’ULB, a quant à lui estimé qu’il s’agirait d’une «obligation détournée de vaccination», déclarant même à la DH que son adoption représenterait «un recul des libertés individuelles».

Le commissariat corona pourrait rendre un rapport d’ici la mi-mai. S’il est favorable au coronapass, cela serait probablement décisif pour son arrivée sur le sol belge, le gouvernement prêtant une oreille attentive à son opinion.

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