En Turquie, Ursula von der Leyen et la chaise qui fait polémique

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Après la politique de la chaise vide, celle du vide de chaise. En visite mardi à Ankara, la présidente de la Commission a constaté qu'il n'y avait aucun siège de prévu pour elle aux côtés du président du Conseil européen, Charles Michel, et du président turc, Recep Tayyip Erdogan. Faute de protocole ou goujaterie sexiste?

La scène, filmée, a largement circulé sur les réseaux sociaux. On y voit le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et l’ancien premier ministre belge s’installer tranquillement sur deux fauteuils préparés pour l’entrevue. Deux et non pas trois : Ursula von der Leyen, qui lâche alors un « Ehm ! » se passant de commentaire, est en effet réduite à s’installer en retrait des deux hommes, sur un canapé. Au lendemain de la réunion entre les trois dirigeants, les réactions ont fusé, les uns parlant de misogynie, les autres d’une simple bourde, d’autres encore de véritable faux pas diplomatique.

Par l’intermédiaire du principal porte-parole de la Commission, sa présidente s’est dit « surprise » par l’incident. « Mme von der Leyen attend d’être traitée selon les règles protocolaires et elle a demandé à ses services de faire en sorte que ce genre d’incidents ne se répète pas à l’avenir », a ajouté le porte-parole, qui a également rappelé que « les présidents des deux institutions (la Commission et le Conseil européens) ont le même rang protocolaire ».

À première vue anecdotique, cette chaise, ou plutôt son absence, a tout du symbole. L’incident s’inscrit en effet dans un contexte de tensions entre l’UE et la Turquie, qui s’accumulent depuis des mois. Les Européens s’inquiètent entre autres de la décision du président Erdogan de quitter la Convention d’Istanbul sur la prévention des violences contre les femmes et les enfants. Question timing, on a donc déjà fait mieux.

Se lever pour les droits des femmes

Du côté des députés européens, les commentaires ont fusé. « D’abord, ils se retirent de la Convention d’Istanbul et maintenant ils laissent la présidente de la Commission européenne sans siège lors d’une visite officielle. C’est honteux. #WomensRights » s’est insurgée la présidente du groupe socialiste au Parlement européen, l’Espagnole Iratxe Garcia Perez, dans un message sur son compte Twitter. « L’expression de Mme von der Leyen 'Ehm' est le nouveau terme pour 'ce n’est pas comme ça que la relation UE-Turquie devrait être menée' », a quant à lui commenté l’eurodéputé écologiste allemand Sergei Lagodinsky.

L’eurodéputée libérale néerlandaise Sophie in 't Veld s’est demandé pourquoi le président du Conseil n’a pas réagi et est resté « silencieux » alors que sa collègue se retrouvait sans siège. En comparaison, elle a posté sur Twitter des photos prises en novembre 2015, en marge d’un sommet du G20 à Antalya, sur lesquelles on voit le même Recep Tayyip Erdogan, assis aux côtés de Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, respectivement présidents de la Commission et du Conseil, sans que l’un ne soit en retrait des deux autres. « Après le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul, nous attendons des représentants de l’UE qu’ils se lèvent pour les droits des femmes », a également lancé Saskia Bricmont (Verts/ALE) à l’adresse notamment de Charles Michel.

 

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