Burn-out parental : la Belgique parmi les pays les plus touchés

La Belgique est un des trois pays étudiés où il y a le plus de burn-outs parentaux. (Photoshot)
La Belgique est un des trois pays étudiés où il y a le plus de burn-outs parentaux. (Photoshot)
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D’après une étude internationale menée par des chercheuses de l’UCLouvain, la culture individualiste des pays occidentaux, plus touchés que les autres, joue un rôle important dans ce phénomène.

 

Même si cela a pris du temps, aujourd’hui, le burn-out professionnel a été reconnu comme une véritable problématique à laquelle il faut veiller. Une surcharge de travail et de stress peut mener à l’épuisement et avoir des répercussions psychologiques chez les personnes touchées. Ce n’est pourtant pas le seul type de burn-out qui existe. 

En effet, dans d’autres domaines, la pression et le surmenage peuvent avoir de lourdes conséquences sur le mental. C’est notamment le cas chez les parents. S’occuper d’un enfant n’est pas forcément un long fleuve tranquille. Cela demande énormément de temps, d’énergie et peut être une importante source d’inquiétudes. Désorganisation, mauvaise gestion du stress ou manque de soutien du conjoint font partie des caractéristiques qui peuvent, entre autres, mener à un burn-out parental. Mais le phénomène n’a pas encore été analysé en long et en large comme d’autres sujets en psychologie.

À l’UCLouvain, les chercheuses Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak étudient la chose depuis plusieurs années maintenant. Elles partagent aujourd’hui les résultats d’une étude internationale qu’elles ont coordonnée. Des centaines de scientifiques à travers le monde y ont participé. L’idée : « examiner la prévalence du burn-out parental ». Dans quelles populations retrouve-t-on le plus ce phénomène et pourquoi ?

Les chercheuses néolouvanistes s’imaginaient qu’on en trouverait plus ou moins autant dans chaque pays, mais pour des raisons différentes. Mais elles se trompaient. « La prévalence varie beaucoup d’une culture et d’un pays à l’autre », explique Isabelle Roskam.

Plus chez nous qu'ailleurs

D’après les résultats de cette étude, c’est chez nous et dans les autres pays occidentaux « riches et individualistes qui ont en moyenne peu d’enfants » qu’on retrouve le plus de cas de burn-out parentaux. La Belgique figure même dans le top 3 !

Une des raisons principales : cette culture individualiste justement. Elle pèse plus dans la balance que d’autres facteurs économiques ou démographiques analysés. « Nos pays individualistes cultivent le culte de la performance et du perfectionnisme. De plus, la parentalité y est une activité très solitaire, contrairement aux pays d’Afrique par exemple où tout un village se sent concerné par l’éducation des enfants », commente Isabelle Roskam. En effet, si tout votre voisinage veille sur vos enfants et leur évolution, le poids sur vos épaules est moindre. 

Autre point à souligner dans nos cultures occidentales : la contradiction. « Dans nos sociétés, on vous conseille d’être à l’écoute de vos besoins. Quand vous devenez parent, pour bien remplir votre rôle, on vous demande d’entendre d’abord ceux de vos enfants. Du coup vous culpabilisez quand vous prenez du temps pour vous. Or c’est essentiel de s’occuper de soi », ajoute la chercheuse.

Penser collectif

Comment éviter de tomber dans ces scénarios ? Le duo de scientifiques donne plusieurs pistes. L’une d’entre elles serait d’imiter les pays où le phénomène est moins fréquent. Notamment en essayant de ramener chez nous cette culture du partage et de l’entraide. « Être parent est un job complexe et on peut partager ses responsabilités avec d’autres adultes ou donneurs de soins. »

Être plus indulgent avec soi-même peut aussi faire du bien à beaucoup de parents. « Il est important également de sortir du culte du parent parfait, s’octroyer la possibilité de faire des erreurs. Vive le retour du parent suffisamment bon ! ».

Auparavant, la recherche sur le phénomène du burn-out parental se focalisait sur les personnes, les parents, mais pas assez sur l’environnement. « Les parents qui tombent en burn-out exercent leur parentalité dans un contexte culturel particulier. Il faut en tenir compte pour traiter les symptômes ». 

Veiller à éviter les cas de burn-out parental est primordial de nos jours, puisqu’ils peuvent avoir des effets non négligeables sur les enfants, leur éducation et leur santé. « Certains parents n’ont plus les ressources pour aider l’enfant à faire ses devoirs ou l’emmener chez le médecin. Autre danger, la violence verbale et physique dans des moments de forte irritabilité. »
 

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