Pukkelpop 2014: Magnifique village global

Teaser

Un Mad Man dandy, une sommelière folk et un cheik syrien dans une plaine de Kiewit qui respire les bonnes vibrations. Cool cool cool...

Avec son look tiré de la garde-robe de la série Mad Men, l'élégant Nick Waterhouse ne peut cacher son attachement aux sixties. Son mélange de rythm & blues groovy, de rockabilly cuivré et de pop bubble-gum déjà distillé sur deux albums ("Times All Gone" et le petit dernier "Holly") confirment qu'il aurait préféré grandir à l'époque des Remington portatives plutôt que des laptops, mais sa nostalgie du cool ne sonne jamais faux. Songwriter doué et musicien perfectionniste, il enchaîne ses chansons avec un regard impénétrable façon Buddy Holly. On ne sait pas si Nick sourit ou s'il fait la gueule, mais son cocktail vintage nous rend heureux.  Bien encadré (avec une mention spéciale pour sa choriste et sa saxophoniste aux bas résille),  il réussit à sonner vieux tout en restant résolument moderne.  Comme pour sur ses disques, on regrettera seulement ce côté trop propre qu'il insuffle à sa prestation.

Nous avons peine à le quitter avant la fin de son concert pour se presser au Castello afin de découvrir  les aventures soniques d'Actress. Tragique erreur... Plongé dans le noir, caché derrière ses savantes machines et deux bouteilles de Vittel, Darren J. Cunnigham n'est pas vraiment du genre communicatif. Imperturbable devant les spectateurs qui quittent progressivement le Castello, le dj/producteur anglais bidouille ses machines pour en sortir un flot épuisant d'ambient (un peu) et de techno minimaliste (beaucoup). On patiente une bonne dizaine de minutes dans l'espoir qu'il se passe quelque chose et il ne se passe rien. Bof, bof...

La pluie tant redoutée fait finalement son apparition en même temps que la New-Yorkaise Sharon Van Etten.  Lors de la sortie de son avant-dernier album "Tramp" (2012), celle qui bossa un moment comme sommelière dans un resto bobo de Brooklyn nous avait dit que le vin idéal pour accompagner l'écoute de sa musique ne serait autre qu'un "Verdejo Rueda".  "Un vin blanc sec espagnol. Il est doux, ne monte pas à la tête et s'apprécie en toute circonstance. Sans qu'on lui rattache des superlatifs un peu clichés, il déçoit rarement ceux qui le goûtent".  Bien vu. Sa folk céleste et intimiste se déguste avec passion et fait le plus grand bien avant la daube servie sur la grande scène par le mignon John Newman, auteur du hit mainstream Love Me Again.

"Omar, Omar, Omar!" Il ne doit toujours pas en revenir Omar Souleyman de l'accueil que lui a réservé le public -littéralement en transe- des Pukkelpoppers. Originaire du  nord-est de la Syrie, ce petit bonhomme portant élégamment moustache et keffieh né en 1966 a fait toute sa carrière en animant des mariages avant d'être révélé au monde occidental sur la scène de Glastonbury en 2011. Accompagné sur scène de son compositeur et claviériste Rizan Saïd, Omar balance en syrien et en kurde des chansons festives traditionnelles nappées de boucles électro. Les jeunes dansent, ondulent, sautent des pieds et oublient tout (l'Irak, l'Ukraine, les examens de passage,...) sur cette pop extrême-orientale. Ce vendredi, le Castello a tangué sous les beats hypnotiques et very peaceful du Sheik de le techno syrienne. C'était  beau. C'était même très beau...

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