Les Ardentes 2022 : un Damso impérial et une affluence étourdissante

Le rappeur belge a sorti le grand jeu ce vendredi aux Ardentes, face à une plaine noire de monde.

Damso ©Photos Ennio Cameriere
Damso ©Photos Ennio Cameriere

Son nom est un évènement. Damso, cinq lettres qui remplissent des Bercy et des Palais 12 en trente minutes à peine. Une frénésie qui se constate aussi quand il sort un album: avec la sortie de QALF, il a cumulé 37 millions de streams sur Spotify en une semaine à peine. Sans compter sur un tiroir rempli de toutes les certifications imaginables : or, diamant, platine… Damso, c’est le patron du rap belge. Allons même plus loin, c’est le boss du rap français. Et c’est avec ce statut qu’il a ouvert son live aux Ardentes ce vendredi soir. Il est 20h50 sur la Phoenix (la main stage du festival) quand un décompte se lance pour annoncer l’arrivée imminente du Dem’s. La plaine immense est noire de monde. Et les attentes sont hautes.

Damso ©Photos Ennio Cameriere

Damso ©Photos Ennio Cameriere

Il débarque, sobre mais intense, porté par une production extrêmement léchée diffusée sur les deux écrans géants de la scène. Tout de suite, le ton est donné : Damso va nous régaler. Seul sur scène, habillé d’un tee-shirt blanc Arte et d’un baggy qui rappelle ceux des rappeurs US des années nonante, il enchaîne les tubes. Facile, avec une collection de morceaux aussi riche que la sienne. Pour démarrer, c’est Nwaar, voire très Nwaar, et c’est ce que le public attend. Un mec brut, attentif aux réactions de son public, qui balance chaque titre dont la portée est intensifiée par une chorale géante qui se charge des back-up. 2 Diamants, Feu de Bois… Sous le coucher de soleil exactement, le répertoire de Damso s’enchaîne et monte en puissance. C’est ce qui s’appelle gérer son sujet. Puis vient le moment des featurings. BXL Zoo, sans un Hamza qui se trouvait pourtant dans les coulisses, puisqu’il jouait sur The Big Eye quelques minutes auparavant.

Damso ©Photos Ennio Cameriere

Damso ©Photos Ennio Cameriere

Des feats sur écran géant et un soutien au rap belge

On retrouve aussi Angèle, diffusée en live sur les écrans pour la collaboration sur Démons. La tête d’Orelsan, qui sera l’une des têtes d’affiche dimanche aux Ardentes, vient également s’incruster en géant au moment de livrer Rêves Bizarre. Et un moment de grâce : le titre Rencontre en feat avec Disiz, où toute la foule s’époumone pour chanter " Et moi je suis heureux… " Nous aussi, on l’est. Merci pour ça. A plusieurs reprises, le rappeur s’enquiert que tout le monde va bien. Dans les premiers rangs, les pogos s’enchaînent et à côté de nous, deux jeunes filles font mine de s’évanouir sur les paroles de 911, à chaque fois que Damso répète " Je crois qu’un gangster est tombé love ".

Sa prestance illumine, sa régularité aussi. Jamais l’artiste n’aura le souffle court, à aucun moment il ne trébuchera sur ses paroles, comme on a pu le voir plus tôt dans la journée, sur d’autres concerts. Il déroule un live millimétré et prend aussi la peine, entre plusieurs morceaux, de rappeler à quel point il est important de soutenir les nouveaux artistes belges. Il souligne les noms de Fresh La Peufra, débarqué de La Nouvelle École de Netflix, mais aussi de Frenetik qui jouait quelques heures plus tôt. Un boss, on vous dit. Jusqu’aux remerciements aux équipes et à la prod affichés en fin de show sur les deux écrans qui jouxtent la scène, de l’ingé son, à la production en passant par le chauffeur.

Hamza ©Photos Ennio Cameriere :

Hamza ©Photos Ennio Cameriere :

Et il en a été question, de rap made in Belgium, en ce vendredi aux Ardentes. Le drapeau noir-jaune-rouge était clairement mis à l’honneur. De YG Pablo sur la scène du Da Hood, à Hamza sur The Big Eye ou encore à Frenetik, comme cité plus haut, nos couleurs étaient largement représentées. Mais quittons la Belgique deux minutes en direction des Etats-Unis : Tyler, The Creator clôturait la journée sur la scène Phoenix. Et dès l’installation de la scène, on a compris qu’on allait avoir du spectacle. Une montagne verdoyante, ce n’est pas courant, dans un concert de rap. C’est pourtant le promontoire qui a accueilli l’américain échappé de Odd Future, en short et en doudoune, débarqué comme un explorateur 3.0. Une petite merveille, un set tout simplement grandiose. Parfait pour clôturer cette journée chahutée, face à l’affluence, parfois épuisante sur ce tout nouveau site des Ardentes.


Photos Ennio Cameriere

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