Jérémy Ferrari : "Les psychiatres que j’ai vus étaient incapables de me dire ce que j’ai"

Bientôt à Forest, son show Anesthésie générale sur le thème de la santé. D’où cette interview consultation.

jérémy ferrari
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Vous avez écrit ce spectacle sur la dérive des soins de santé et puis, la crise du Covid est arrivée…
Oui, tout à fait.

Pourriez-vous éviter d’écrire un spectacle sur la Troisième Guerre…
(Rire.) J’avais déjà écrit un spectacle sur les religions qui a précédé la crise communautaire en France. Après j’ai écrit Vends deux pièces à Beyrouth ­quelques mois avant les attentats de Paris. Et puis, ce spectacle, Anesthésie générale qui a précédé les grèves des services d’urgence, la grève du personnel soignant et puis, le Covid. À chaque fois, je suis tristement d’actualité.

Vous faites de l’humour d’investigation. Vous avez enquêté?
Oui, j’ai rencontré du personnel soignant, j’ai fait les urgences, classiques et psychiatriques. Mais dans le spectacle, il y a aussi un aspect plus personnel, j’ai raconté ce que j’avais vécu…

Qu’est-ce que vous avez vécu?
Il y a six ans, pendant mon spectacle Vends deux pièces à Beyrouth, je fais une tentative de suicide, je tombe dans l’alcool… Je fais une cure de désintox durant laquelle on me fait une batterie d’examens… Ça fait des années que je vois des psychiatres qui ne savent pas me dire ce que j’ai… Depuis tout petit, j’ai des trucs dans ma tête qui ne se ­passent pas bien… Et là, durant cette cure, on va me diagnostiquer haut potentiel, un trouble de l’attention d’hyperactivité et me dire que je suis obsessionnel compulsif. Du coup, je me sens compris et je ne me sens pas fou…

Avez-vous des allergies?
Oui, à la caséine.

Qu’est-ce que c’est?
On peut en trouver dans certains ­compléments alimentaires – comme je fais beaucoup de sport, je prends des compléments alimentaires… Un jour, j’ai pris un truc, il y avait de la caséine et j’ai fait un œdème de Quincke, j’étais tout enflé, on a dû m’emmener à l’hôpital.

Vous êtes fragile d’où?
(Silence.) On va dire des hanches ­puisque j’ai deux hanches en titane…

Deux hanches en titane?
(Rire.) J’avais une dysplasie des ­hanches, et comme je pratique beaucoup les arts martiaux, les problèmes que j’aurais dû avoir à 60 ans, je les ai eus à 34… J’ai vu un chirurgien, un des meilleurs au monde dans sa spécialisation: soit j’arrêtais le sport et je ­faisais des infiltrations de cortisone, soit on me mettait des prothèses de hanches et je retrouvais 100 % de mes capacités – ce qui est le cas. Ça fait deux ans que j’ai été opéré et je n’ai aucune restriction de sports…

Êtes-vous un malade geignard et difficile ou taiseux et stoïque?
Taiseux et stoïque.

Et à la chirurgie esthétique, vous y songez?
Non. Mais je prends soin de moi. Si j’ai arrêté de me détruire, autant essayer de me préserver. On fait un métier d’image et j’ai envie de rester beau, mais la chirurgie esthétique, c’est un gap que je n’ai pas envie de passer, mais je changerai peut-être d’avis…

La consultation médicale la plus gênante?
Ce qui m’a le plus marqué, c’est ce truc à l’école quand ils vous mettent la main dans le slip pour vérifier si vous avez vos deux couilles…

Comment avez-vous trouvé cette interview?
J’ai trouvé cette interview très bonne, très spontanée, travaillée et humaine, pleine de cœur.

Anesthésie Générale, le 28/1/23.
Forest National, Bruxelles.

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