GuiHome : "Nous sommes tous des humoristes sans le savoir"

L'humoriste namurois est de retour sur scène avec « GuiHome vous détend », nouveau spectacle certifié sans allusion au Covid. Explications avec l'intéressé.

GuiHome : «Nous sommes tous des humoristes sans le savoir»
Barthélémy Decobecq

A la télé, en radio, sur les réseaux, GuiHome est sur tous les fronts. Mais c’est avec un spectacle en public, à l’ancienne, qu’il nous revient à partir du 27 novembre jusqu’au printemps. L’occasion de revenir avec lui sur son parcours certes jeune, mais déjà bien rempli.

Ce nouveau spectacle, c’est une mise en scène des vidéos « GuiHome vous détend » ?

Non, pas du tout. C’est un spectacle qui a été écrit avant le Covid et qui a été remis au goût du jour pendant. Mais il ne traite pas de l’actualité Covid. Je voulais vraiment, après ce que les gens ont bouffé, qu’ils puissent aller à un spectacle sans réentendre parler du Covid pendant deux heures.

L’affiche est trompeuse…

C’est marrant parce qu’elle a été designée avant le Covid. On avait une douzaine de déclinaisons, mais évidemment, on a gardé celle du masque et on l’a un peu adaptée.

GuiHome vous détend

DR

A quel moment le virus de l’humour vous a-t-il attrapé ?

J’ai très tôt été le comique de la famille. Dès que j’ai pu apprendre à parler, il fallait que je fasse un sketch sans savoir que j’étais déjà dans les codes de l’humour. A table, j’imitais les gens de la famille, devant mes amis j’imitais leurs parents… Il fallait tout le temps que je sois dans la représentation, sinon, je m’ennuyais très vite dans les discussions « de grands ». Il fallait qu’il y ait un événement, qu’il se passe quelque chose. J’étais très vite déguisé, maquillé, je piquais des tenues à mes parents… Et quand je suis rentré à l’école en première primaire et qu’on m’a dit : ‘Tu ne peux plus te déguiser pour aller à l’école’, je me suis pris une claque dans la tronche. Ma mère a vu ça en direct et m’a inscrit au théâtre dans la foulée.

Vous étiez le comique de l’école ?

Pas exactement, mais je déclenchais très vite les discussions, je mettais en difficulté les profs sur les contenus… Et j’ai fait du théâtre jusqu’à mes 18-19 ans avant de faire des études « plus sérieuses ». Je n’envisageais pas d’en faire un métier.

Pourtant, vous êtes « monté » à Paris assez rapidement…

A dix-huit ans, c’est vrai, mais sans l’idée de faire carrière. Dans les cours de théâtre que j’avais à Namur, on me parlait souvent de Paris. Donc j’y suis allé sans trop savoir ce que je venais y faire. Mais je suis vite rentré. C’est lorsque je me suis inscrit en communication à Bruxelles que j’ai retrouvé ce qui me donnait envie de faire rire, c’est-à-dire l’ennui. Donc, pendant les cours, j’envoyais des vidéos à mes potes via SnapChat dans lesquelles j’imitais les profs…

GuiHome

Barthélémy Decobecq

C’est comme ça que le personnage de GuiHome est né ?

Oui. Au début, c’était un peu moi. Et puis, quand j’ai compris ce qui fonctionnait dans ces vidéos, j’ai extrapolé : la casquette, la voix, les lunettes, l’accent, les thématiques… Et au fur et à mesure des mois et des années, j’ai pu me dissocier du personnage.

Pour beaucoup, GuiHome commence avec la chanson « Je ferais bien une petite pause »…

J’ai très vite su que je n’allais pas pouvoir surfer longtemps sur le milieu de l’école parce que j’allais grandir et que j’avais en quelque sorte déjà fait le tour. Soit je devenais le vieux qui joue le jeune, soit j’allais tourner en rond. En fait, « Je ferais bien une petite pause », c’est un clip pour symboliser la fin d’une époque pour moi. C’est la conclusion d’une période pour mieux se diriger vers autre chose. Seul problème, ça a cartonné. Le clip a fait 1,5 millions de vues. Du coup, ça m’a assis dans cette position que je voulais quitter. J’ai donc dû redoubler d’efforts pour sortir de cette image de « petite pause » et aborder d’autres thématiques.

Vous êtes plus dans la représentation que dans la vanne…

Oui, je suis plus dans la création d’histoire que dans la punchline. Je crée des situations. Dès qu’il y a une bande de potes et que quelqu’un prend la parole, pour moi, il faut tout de suite que ça devienne une histoire, un sketch.

Comment trouvez-vous vos idées de sketchs ?

Dans les discussions avec les gens quand ils me racontent leur vie, leurs problèmes, quand je regarde l’actualité, quand j’entends les gens parler d’actu, je commence à faire des liens. C’est vraiment dans le quotidien des gens que je puise mes idées. Il n’y a rien à faire, en tant qu’humoriste, on ne fait que mettre en vie des situations que tout le monde vit. L’important, c’est d’être à l’écoute.

Y a-t-il des humoristes que vous aimez particulièrement ?

Bizarrement, je n’ai eu qu’une petite phase humoristes. Gad Elmaleh et Jamel Debbouze m’ont marqué quand ils étaient invités sur les plateaux télé. Et puis, j’ai découvert Florence Foresti… Comme tout le monde, en fait. Et puis, ma phase « humoristes » est passée. J’ai repris du plaisir à les regarder dans « On ne demande qu’à en rire » de Ruquier, mais globalement, je n’ai jamais consommé les humorisstes comme un cinéphile consomme des films. Parce que, à mes 4-5 ans, je faisais déjà ça… Pour moi, les meilleurs humoristes, ce sont les gens que je croise. Mes potes, mes collègues, le livreur de pizza, je pense que nous sommes tous des humoristes sans le savoir. Quand quelqu’un me raconte son malheur de la journée, il me donne tous les codes de l’humour sans s’en rendre compte.

Est-ce qu’il y a des règles à suivre pour être un bon YouTubeur ?

Selon moi, la seule règle, c’est d’avoir quelque chose à raconter pour s’installer dans le temps. C’est ce que j’essaie de faire, même si en 2021, c’est de plus en plus difficile parce qu’on nous consomme à la minute. La fréquence à laquelle tu postes est très importante, mais la clé, pour moi, c’est d’avoir un message à transmettre. Mes capsules restent quelque chose de facile à consommer, mais je fais en sorte qu’il y ait un minimum d’écriture derrière. Ensuite, il faut être attentif à la façon dont les gens réagissent à ce que tu proposes et à la manière dont ils consomment.

Vous êtes aussi en radio sur la Première…

Je cherchais à sortir de ma zone de confort. J’avais les capsules, le spectacle et La Première m’a proposé de devenir chroniqueur. La radio, c’est encore autre chose. Les gens pensent que tu transportes ce que tu fais sur le web sur un autre canal, mais c’est impossible. Chaque média a ses codes, ses règles, et c’est intéressant de les comprendre pour parvenir à y insérer ton personnage.

Et vous organisez un festival d’humour à Namur en mars prochain…

C’est le premier festival d’humour à Namur. Il y avait toutes les cases : musique, culture, Namur en mai, arts de la rue… Tout, mais pas l’humour. J’ai vendu le projet à la ville, on a défini quatre jours de festival le dernier week-end de mars. Il y aura des concerts, et entre quatre à sept spectacles par jour dans sept lieux différents. Des débutants et des noms connus comme Guillermo Guiz, Cody… On voulait donner l’image d’un gros festival parce qu’on considère que Namur mérite ça.

Vous avez un côté hyperactif…

Oui. Dès mes cinq ou six ans, j’avais besoin que quelque chose se passe. C’est pareil aujourd’hui.

GuiHome

Barthélémy Decobecq

Tac-o-tac

Namur ou Bruxelles ?

Namur à 100%. Je suis un campagnard pure souche. Je ne critique pas Bruxelles, mais j’y vais comme à Disneyland, en touriste.

Damso ou Stromae ?

Je vais dire Stromae par rapport à ce qu’il nous a fait vivre en terme de success story à la belge et par rapport à la personne qu’il est parce que je l’ai rencontré et j’ai été bluffé par sa gentillesse et ce qu’il dégage. Damso, je surkiffe son travail mais je ne l’ai jamais rencontré et comme je suis un tout petit peu moins rap, je valide Stromae.

Eden ou Thorgan ?

Aaaaah, trop dur. Je vais dire Thorgan parce que je pense qu’il fait partie des profils de la nouvelle génération des Diables rouges et je considère qu’il faut soutenir cette génération de la même manière qu’on a soutenu les grand frères .

TV ou YouTube ?

TV, je suis un vrai enfant de la télé. Je la regarde tous les jours, plus que YouTube, j’adore les codes de la télé.

Scène ou réseaux sociaux ?

Ca, je ne peux pas choisir. Parce que je fais vraiment partie des profils qui ont pu retourner sur scène dans des conditions incroyables grâce aux réseaux sociaux. Pour moi, les deux sont devenus indissociables.

Le spectacle « GuiHome vous détend » commence ce 27 novembre à Rochefort. Il passera notamment par Bruxelles (le 13/01), Marche-en-Famenne (le 14/01), Mons (le 27/01) et le festival Namur is a Joke (le 26/03). Toutes les dates de la tournée, infos et réservations sur www.guihome.be

Sur le même sujet
Plus d'actualité