Maris et femmes: Allen sans Woody

L’adaptation théâtrale de Maris et femmes nous livre un éclairage nouveau, dépouillé de l’omniprésence de son auteur.

Maris et femmes ©Prod

Le cinéma de Woody Allen porte une multitude d’empreintes: son écriture, les villes où il pose sa caméra, mais aussi sa présence lorsqu’il est acteur. Et ce n’est pas rien. Sur l’écran, sa voix, sa gestuelle maladroite et ses tics prennent une telle place qu’il est légitime de se demander si, sans lui, sa prose ne manquerait pas singulièrement de saveur. 

La version de Maris et femmes, adaptée par le dramaturge français Christian Siméon et mise en scène par Michel Kacenelenbogen, nous démontre qu’il est possible de se détacher de l’œuvre originale (et de son auteur!) pour n’en garder que la substantifique moelle. En 1992, sort Maris et femmes, comédie douce-amère dans laquelle un couple d’intellectuels vacille en apprenant que leurs amis proches vont se séparer. Un effet miroir va déstabiliser les certitudes du couple “survivant” et déboucher sur une série de chassés-croisés et de questionnements. Débarrassé de l’imagerie propre au cinéaste, le texte se concentre sur les difficultés et surtout la légitimité de cette chose bizarre que l’on appelle un couple et analyse les affres du “timing” dont les femmes (Tania Garbarski et Isabelle Defossé font le job à la perfection) font trop souvent les frais, à cause de cette foutue horloge biologique, mais aussi parce que rares sont les conjoints mâles qui ne succombent pas tôt ou tard à l’appel des sirènes.

Pour découvrir la suite de l’article, rendez-vous en librairie ou sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

MARIS ET FEMMES, jusqu’au 31/12. Théâtre Le Public, Bruxelles. www.theatrelepublic.be

Plus d'actualité