Les fils de Hasard, un spectacle qui évite le pathos

Le théâtre permet de libérer une parole qu’il est parfois difficile de transmettre au sein des familles.

Les fils de Hasard ©Forelle Naneix

Voici 70 ans, la Belgique échangeait de la main-d’œuvre contre du charbon avec une Italie à genoux. Il y a 20 ans, était créé Hasard, Espérance et Bonne fortune, basé sur les témoignages de ceux qui ont quitté leur village pour descendre dans nos mines, jurant qu’ils reviendraient et qui sont restés ici pour toujours. Aujourd’hui, une nouvelle génération s’empare de ce devoir de mémoire: Les fils (et les filles) de Hasard. Les témoins sont partis. Ne restent que leurs mots simples pour décrire les espoirs, l’enfer vécu dans des failles de 35 cm et les larmes d’hommes confrontés à une vie de forçat. Pourtant, voilà un spectacle qui évite le pathos. Bien sûr, il y a le déracinement, la mort des camarades, la maladie. Mais aussi la force d’une diaspora qui s’est reconstruite loin de ses racines. Autour d’une scénographie s’appuyant sur un rail traversant le plateau, servi par une équipe mélangeant professionnels et non-professionnels, Les fils de Hasard n’est pas qu’un spectacle qui évoque une page d’histoire. Le parcours de ces hommes nous fait penser aux migrants d’aujourd’hui. Les circonstances sont certes différentes. Mais la dimension humaine est la même.

LES FILS DE HASARD, jusqu’au 26/11. Caserne Fonck, Manège, Liège. lesfilsdehasard.com

Plus d'actualité