Sylvie Joly quitte la scène

A 80 ans, atteinte de la maladie de Parkinson, l'humoriste a succombé à une crise cardiaque. Pionnière, elle avait inventé une langue.

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Son look – noir – sa silhouette – ponctuée d’une coupe rétro à boucles, ses yeux – grands ouverts sur la bêtise du monde, tout dans Sylvie Joly était du Sylvie Joly. Avocate ayant tourné le dos au barreau, elle avait inventé une grammaire du rire où la férocité servait un propos d’une justesse implacable sur le monde de la bourgeoisie. Fille spirituelle de Jacqueline Maillan, elle apporte au rire une tonalité nouvelle au tournant des années 70 et 80, époque où les femmes sont rares sur la scène de l’humour. Avec Zouc – magnifique créature qui emmène le rire au-delà de l’étrange, voire en territoire de folie – Sylvie Joly, qui avait aussi un joli parcours au cinéma, est une pionnière dont les personnages évoquent les pires travers d’une certaine frange de la société française.
 
Avec sa voix grave et parfaite, sa grande bouche surlignée d’un rouge éclatant, Joly a semé quelques classiques dans son répertoire… Le fameux « Après-dîner » où le personnage est sans pitié pour ses hôtes lors du retour à la maison… (« Quelle idée d’inviter des cons pareils », « Il est effrayant leur fils, on dirait un cochon »). « Catherine », l’autoportrait d’une grande bourge parisienne (« Non, je n’ai pas de secret, je suis moi »). « La coiffeuse », fan de Johnny – « Mon Johnny je t’aime, mon Johnny je te veux ». Trois sketches et trois ouvertures de pistes pour toutes celles qui suivront – Valérie Lemercier, Muriel Robin, Anne Roumanoff, Florence Foresti. 

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