Au Cabaret Vert: tout ce qu’on aime

Charleville-Mézières au bord de la frontière française, c’est la porte à côté. L’occasion de découvrir un festival à part et une réussite tout terrain.

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Octobre 1870, Arthur Rimbaud voyage en Belgique. A Charleroi, il reprend des forces (et se rince l’œil) dans une auberge. Il en tirera Au Cabaret-Vert, un poème encore un peu scolaire. Il va avoir 16 ans. Cent quarante-cinq ans plus tard, le Cabaret Vert est devenu dans sa ville natale un festival qui s’apprête à rassembler cent mille spectateurs en quatre jours. Ils y viendront pour une recommandable affiche musicale, mais aussi pour un esprit et un accueil différents. Parti il y a dix ans de quelques bonnes volontés réunies en association locale, le festival voulait défendre la région en rappelant par l’exemple les valeurs de l’Ardenne (liberté, simplicité, authenticité, bien-être). Ils ont réussi au-delà de tout espoir puisque l’affluence a décuplé depuis la première édition de 2005.

De quoi en faire un grand festival, mais pas pour autant comme les autres. Les concerts s’accompagnent d’arts de la rue, de cinéma (3 écrans) et d’un festival de BD (d’incontournables séances de dédicaces mais aussi des ateliers pour entrer en contact avec les réalités du métier). Mais le Cabaret Vert, festival évidemment « vert », se veut durable, responsable et anti-malbouffe et donne aussi de la visibilité à des associations engagées. On l’aura compris, la démarche de ces Ardennais a beaucoup de points communs avec les enthousiasmes du festival Esperanzah! que nous soutenons depuis ses débuts.

Beaucoup de points communs sinon peut-être la couleur musicale, moins jazzy-world qu’à Floreffe. Sur le site Bayard, on pourra entendre bien des choses très différentes: de l’inévitable électro (du retour des brutes délicieuses de Chemical Brothers à l’infatigable nouvelle génération de Paul Kalkbrenner), l’élégance infroissable d’Etienne Daho, le style neuf de Christine And The Queens (irrésistible, en salle en tout cas) et quelques merveilleux francs-tireurs comme Hubert-Félix Thiéfaine (trop rare en Belgique) ou l’ébouriffant Benjamin Clementine dont nous vantions les mérites la semaine dernière. Sans compter les énergies conjuguées de Limp Bizkit, Selah Sue, Jurassic 5, Jungle, Mr Oizo…

P.-S.: Pour un pèlerinage rimbaldien complet: place ducale, kiosque et musée de la ville, les restes de sa ferme familiale et sa tombe à La Roche-en-Ardenne.

LE CABARET VERT, du 20 au 23/8. Charleville-Mézières. www.cabaretvert.com

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