Little Simz, Blondie, IAM... Les nouveaux albums à ne pas manquer

Au programme : le magnifique album de Little Simz, l'intégrale de Blondie, le disque anniversaire d'IAM ou encore la fraîcheur d'un duo belgo-italien.

little simz
Thomas Rasmussen/Avalon

Little Simz

Pourquoi vous ai-je donné les clés pour autoriser la merde en mon nom? Je refuse d’être sur un navire négrier.  Je suis en vie et j’avance”, chante Little Simz sur Angel qui ouvre son nouvel album “No Thank You” sorti sans la moindre promotion. Les ambiances sont smooth. Le ton est dur. La rappeuse de 28 ans s’en prend au business de la musique qui l’a broyée ces douze derniers mois en tentant de faire d’elle un produit mainstream. Lauréate surprise du prestigieux Mercury Prize avec “Something I Might Be Introvert” (2021), Simbi Ajikawo a dû annuler une tournée américaine pour des raisons mentales et se reconstruire loin de la pression. Dans ces dix chansons thérapeutiques, elle affirme sa volonté de liberté artistique, son refus du compromis, son écriture inventive et son dégoût de toutes les courbettes hypocrites de l’industrie de la musique.

Son propos n’est pas pour autant colérique. Il y a beaucoup de sagesse et de lucidité. Plus intimistes que sur “Something I Might Be Introvert”, les sonorités de “No Thank You” voyagent entre néo-soul (Heart On Fire), gospel (Control), musiques de film de blaxploitation (Broken) et percussions africaines (X). Avec, à chaque fois, ce flow aussi fluide que chirurgical qui guide l’auditeur. Si “Something I Might Be Introvert” a été l’album de la reconnaissance, “No Thank You” est celui de la paix retrouvée d’une artiste qui ne veut pas être confondue à une marque. Magnifique.

https://youtu.be/GqwOCq0MXPU

**** No Thank You. V2

Blondie

Assez curieusement pour un groupe aussi marquant, il s’agit de la première anthologie digne de ce nom. Proposée en différents formats (3CD, 6 CD, 4 ou 12 vinyles), “Against The Odds” retrace le parcours de la formation new-yorkaise des débuts (l’album “Blondie” en 1974) à “The Hunter” (1982). Chris Stein, guitariste, cofondateur de Blondie avec son ex, Deborah Harry, a retrouvé miraculeusement toutes les archives du groupe qui traînaient dans une grange de Woodstock. Aux classiques que vous connaissez tous, il ajoute pléthore d’inédits. Chouette livret en bonus.

https://www.youtube.com/watch?v=StKVS0eI85I

*** Against The Odds 1974-1982. EMI

IAM

Troisième album des Marseillais paru 1997, “L’école du micro d’argent” reste la référence absolue du hip-hop francophone. Pour son écriture mêlant gravité sociétale, humour et réalisme. Pour ses sonorités inspirées par les cousins américains du Wu-Tang et la mythologie japonaise. Pour sa volonté de ne rien lâcher. Pour sa démarche défricheuse symbolisée autant par l’émotionnel Petit frère que par les neuf minutes de l’implacable Demain c’est loin. La version CD ajoute 29 titres bonus tandis que le format vinyle propose la version instrumentale de ce classique.

https://www.youtube.com/watch?v=JaqLOsO6dTw

*** L’école du micro d’argent (Édition 25e anniversaire). Universal

Ada Oda

À la base de ce nouveau projet belge, on trouve Victoria Barracato, fille d’un certain Frédéric François, et César Laloux (ex-BRNS, Italian Boyfriend et actuellement booker chez Nada). Ils ne chantent pas L’amour à l’italienne, mais c’est tout comme. Soit dix vignettes nerveuses exécutées en mode lo-fi et néo/post-punk (pour faire court) qui restent toujours mélodiques. Imaginez un croisement entre Breeders et Wet Leg chanté dans la langue de Gianna Nannini. Un disque frais et sans prétention à l’image de leur ballade romantique La maschera qui nous ramène un peu de soleil.

https://www.youtube.com/watch?v=CWk1_KZpMfQ

** Un amor debole. 62TV/[PIAS]

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