Zazie sort un nouvel album : toujours aussi zen

La chanteuse Zazie s’affranchit des formats et va à l’essentiel sur “Aile-P”.

Zazie
© Boby

Un album, “Eldorado” en 2004, où chaque plage musicale était mise en clip. Un autre, le copieux “Za7ie” en 2010, comportant sept compositions pour chaque jour de la semaine… Dans une chanson française qui s’oblige à rester dans les codes, Zazie s’est toujours démarquée par sa volonté de bousculer les codes. Et on l’aime aussi pour ça. “Aile-P” (pour “LP”), sa nouvelle livraison, compte “seulement” huit titres, soit quatre déjà sortis en EP l’été dernier et quatre nouveaux. Mais il n’y a rien à jeter.

Avec sa coréalisatrice Édith Fambuela, il y avait une volonté, dit-elle, d’”être moins bavarde musicalement”. “On s’est servies des outils que nous avions sous la main, sans rajouter des couches. Nous étions un peu comme des gamins lancés dans un magasin de jouets.” Entre colère et lâcher-prise, entre un piano/voix sentimental (C’est con, c’est quand) et des chansons manifestes évoquant le mouvement Black Lives Matter (Couleur) ou le dépassement de soi (Lève-toi), Zazie jette un regard lucide sur la vie d’artiste sur l’autobiographique Ça commence. “Et seule dans ma loge, face au miroir.  Jusqu’à quand vais-je pouvoir masquer le temps qui passe? Combler le vide, les rides”, chante-t-elle. “Avant de retrouver des gens qui vous aiment et ont payé leur place pour vous voir, vous êtes seule dans votre loge. Il faut se ­préparer, “se faire belle”. Il y a une certaine excitation mais tout n’est pas toujours réjouissant quand on se regarde dans le miroir de la loge. Même si ça me saoule, il y a toujours une part de séduction dans ce métier. C’est un narcissisme obligé avant de monter sur scène.

https://www.youtube.com/watch?v=Hx80JBZUeLQ

On aime aussi beaucoup l’enragé Gilles et le up-tempo Là où je vais, deux morceaux avec des guitares qui rappellent que tout a commencé pour Zazie avec le rock. “J’ai grandi en écoutant The Cure et Peter Gabriel et puis j’ai aussi dévoré tout Radiohead. Je ne dis pas que je fais comme eux, mais je me sers de ces influences dans ma musique.” Ce nouvel album sort exactement trente ans après le premier. “À l’époque de “Je, Tu, Ils”, il y avait le ressenti de ce que j’avais vécu les vingt-six premières années de ma vie. J’avais envie de raconter la fille que j’étais. Il y avait cette envie qu’on fasse attention à moi. Quand c’est devenu mon métier et qu’il fallait l’exercer de manière régulière, j’ai dû apprendre à développer une observation plus sensitive du monde qui m’entourait tout en m’offrant plein de liberté musicale. Sans ça, j’aurais tourné en rond et je me serais vite ennuyée. Je ressens beaucoup de gratitude à être toujours là. C’est le signe que les gens m’ont laissé cette grâce à faire des “diversions” et proposer des choses différentes.

** Aile-P. 5&7

Le 23/9. Forest National, Bruxelles.

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