The Cure au Sportpaleis : généreux, intense et inoubliable

The Cure a livré le meilleur concert de l'année au Sportpaleis d’Anvers. C'était tout simplement énorme.

The Cure au Sportpaleis.
The Cure au Sportpaleis. © J.C. Guillaume

Vingt-huit morceaux, deux heures et quarante-deux minutes de concert, cinq chansons inédites extraites de " Songs Of A Lost World ", leur nouvel album à paraître. Des tubes, des morceaux plus obscurs. De la bonne humeur. La classe. Tout simplement. La grande classe… Si The Cure n’a jamais livré un mauvais concert chez nous depuis ses débuts aux orées des années 80, la prestation offerte ce mercredi 23 novembre dans un Sportpaleis d’Anvers plein comme un œuf restera dans toutes les mémoires. Le concert de l’année sans nul doute, voire celui d’une vie pour celles et ceux qui voyaient pour la première fois la formation anglaise en concert.

Toujours la niaque

Si les cheveux en pétard sont gris et moins nombreux qu’avant, si les corps sont marqués par les stigmates de la rock and roll life, les musiciens qui investissent la scène sur le coup de 20h45 ont la niaque des débutants. A 63 balais, Robert Smith a gardé la voix des grands disques de The Cure. Looké comme un John Travolta version Grease 2.0, Simon Gallup assure les fondations. Avec Peter Hook de Joy Division/New Order et Jean-Jacques Burnel (The Stranglers), il est le bassiste le plus incroyable à observer, arpentant le podium avec ses pas nerveux, son instrument collé aux genoux et ses doigts experts claquant des lignes imparables. S’il n’est pas le batteur préféré des fans de The Cure, Jason Cooper assure sobrement, tout comme Perry Bamonte qui passe des claviers à la guitare et Roger O’Donnell (claviers). Quant au vétéran Reeves Gabrels, il sublime, comme il l’avait déjà fait avec David Bowie, plusieurs versions du back catalogue. Ses solos sur Hanging Garden, le gothique Burn (qui figurait sur le soundtrack de The Crow en 1994) ou encore sur From The Edge Of The Deep Green Sea étaient aussi inventifs que précis.

The Cure Sportpaleis. Crédit JC Guillaume

The Cure au Sportpaleis. © JC Guillaume

Climax mélancolique

Sans décor, sans effets spéciaux et avec une light show aussi sobre que les images projetées sur les grands écrans, The Cure base tout son show sur la musique. Et c’est ce que toutes les générations de fans réunies ce mercredi attendent. Les cinq nouveaux titres se nomment donc Alone (qui sert d’introduction), And Nothing Is Forever, A Fragile Thing, Endsong (en clôture) et I Can Never Say Goodbye (première chanson du premier rappel). Ce sont des plages atmosphériques avec un climax mélancolique et de longs ponts instrumentaux. Découvertes, écoutées et absorbées religieusement par le public, elles préfigurent d’un album introspectif dont la date de sortie n’a toujours pas été révélée.

The Cure Sportpaleis. Copyright J.C. Guillaume

The Cure au Sportpaleis. © JC Guillaume

Incroyable version d’A Forest

Les membres de The Cure sont appliqués. Ils sont de bonne humeur. Robert Smith fait des pitreries en s’adressant à Perry Bamonte, il joue épaule contre épaule avec Simon Gallup faisant mine de le bousculer. Il danse à petits pas sur Lullaby, se dandine comme une araignée sur The Walk, tourne en rond avec sa guitare sèche sur l’euphorique Friday I’m In Love, se perd dans ses sombres pensées sur The Last Day Of Summer et A Night Like This ou se libère complètement sur l’impérissable Play For Today. Le Sportpaleis a eu droit une setlist de rêve. Et avec The Cure, ce qui est incroyable, c’est qu’au bout de nonante minutes de concert où les morceaux épiques sont déjà légion (Pictures Of You, Lovesong, Charlotte Sometimes, Shake Dog Shake pour n’en citer qu’une poignée), le groupe a encore gardé une dizaine de ses tubes les plus pop pour les rappels.

The Cure Sportpaleis. Copyright J.C. Guillaume

The Cure au Sportpaleis. © J.C. Guillaume

Ce mercredi, après une version incandescente d’A Forest où Simon Gallup a été à deux doigts de fracasser sa basse, The Cure a terminé avec Let’s Go To Bed, Friday I’m In Love, Close To Me, In Between Days, Just Like Heaven et Boys Don’t Cry. Excusez du peu. La claque. Top de chez top. Un mot encore. Contrairement à tous les blockbusters, The Cure ne prend pas son public pour une vache à lait.  Aux stands merchandising, les t-shirts étaient à 20 euros. Ça en dit long sur la mentalité du groupe.

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