Fifty Lab : le son de demain appartient à ceux qui se couchent tard

Le festival Fifty Lab, qui se tient dans le cœur de Bruxelles, nous a offert ses plus belles découvertes. Entre Jeshi, Michelle et Eloi, on vous parle de quelques étapes de notre périple musical.

Jeshi @Fifty Lab / Mayli Sterkendries
Jeshi @Fifty Lab / Mayli Sterkendries

Le cœur de Bruxelles est en ébullition ces derniers jours grâce à la troisième édition du Fifty Lab : la musique est partout, dans les bars, les salles de concerts, au détour d’une porte qui s’ouvre et qui laisse échapper des basses puissantes. Omniprésente donc, mais surtout, conjuguée au futur : pas, ou très peu, d’artistes confirmés ne sont programmés. Le but, c’est donc de promouvoir les artistes européens qui feront l’actualité musicale dans les prochains mois. À l’instar du SXSW d’Austin au Texas, d’Eurosonic à Groningen, du Great Escape de Brighton ou des Trans de Rennes, le festival belge se veut défricheur. Et c’est diablement excitant.

À lire aussi : Les artistes à voir absolument au festival Fifty Lab

L’idée, c’est de laisser place à la découverte et d’arriver dans un lieu sans connaître par cœur le répertoire de l’artiste qui y joue. C’est même encore plus agréable quand on ne connaît d’eux qu’une courte description, du style " c’est un girls band qui vient des États-Unis ".  C’est exactement dans cet état d’esprit qu’on a assisté au concert de Michelle ce 17 novembre. Le groupe, composé de 4 filles et de deux musiciens, est à la dernière date de sa tournée après un peu moins d’un an et demi sur les routes. Ils sont rôdés, mais aussi un peu foutraques, légers et terriblement efficaces. Moyenne d’âge : 22 ans.

Michelle ©FiftyLab / Joren Poisquet

Michelle ©FiftyLab / Joren Poisquet

Michelle, ma belle

Impossible de résister à la vibe qu’ils nous balancent : c’est simple, en un morceau et demi, toute la petite salle de l’AB affiche un sourire béat. C’est qu’il y a quelque chose d’extrêmement contagieux chez ces new-yorkais, qui proposent des harmonies dignes des meilleurs groupe R&B des années 90. Ils offrent un spectacle physique et théâtral, ponctué par des chorégraphies maisons qu’on voit se répliquer en écho dans le public. Une vraie belle découverte, instantanément rajoutée dans nos playlists, qui donne envie de découvrir la suite du programme.

Et le prochain acte, justement, il se joue à la Brasserie Surréaliste, à quelques centaines de mètres de là. L’occasion de croiser une file de promeneurs musicaux, qui se dirigent vers l’Archiduc ou s’engouffrent dans le Beursschouwburg pour escalader les 300 marches qui mènent à sa terrasse. L’atmosphère de cette froide soirée de novembre est ultra-chaleureuse. Comme les visages dans le sous-sol qui accueille la performance du londonien Jeshi.

L’explosif Jeshi

Jeshi @Fifty Lab / Mayli Sterkendries

Jeshi @Fifty Lab / Mayli Sterkendries

Il a sorti un premier album exceptionnel en mai dernier nommé Universal Credit, et c’est du genre à donner des frissons. Il percute grâce à des textes profonds qui racontent les inégalités sociales et raciales, pose la problématique des réseaux et de la violence. Le jeune rappeur de 26 ans a choisi un autre chemin que celui de la drill et de la posture qui va avec, s’inscrivant plutôt dans la bulle de Kate Tempest et Loyle Carner, mais en un peu moins mélodique. Il disait dans une interview au magazine Numéro qu’il aimait les petits concerts, pour pouvoir capter les gens et les regarder dans les yeux. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé. Il a d’abord commencé par tester l’haleine des spectateurs du premier rang. Pour ensuite se lancer dans une performance musclée, pendant laquelle il a enchaîné les allers-retours entre le public, le devant de la scène et la table de son DJ. Exaltant.

Côté Bonnefoi, il y avait également les performances de Mankiyan, King Kami ou encore le très attendu DJ Travella. Les concerts d’Omni Selassi et Eloi sont aussi à citer au programme XXL de la deuxième soirée du Fifty Lab. Un enseignement à la fin de cette soirée :  on ne peut pas être partout en même temps, et ce n’est pas grave tant chaque performance donne envie d’en profiter jusqu’à la dernière minute. Une belle vitrine de ce que les artistes émergents du monde entier ont à nous proposer, mais aussi du centre-ville de Bruxelles, qui nous a paru plus accueillant que jamais.

Sur le même sujet
Plus d'actualité