Marc Ysaye : "Machiavel n’est toujours pas mort"

Toujours à la batterie dans Machiavel, Marc Ysaye défend "Phoenix", le nouvel album du groupe. Questionnaire.

Marc Ysaye quitte Classic 21
© RTBF

Le nouvel album de Machiavel s’intitule " Phoenix ".  Le message est clair: Machiavel est increvable.
Increvable, je ne sais pas – mais il n’est toujours pas mort. Après tout ce qu’on a traversé, après 47 ans, après des drames, après la disparition de Mario (Guccio, chanteur du groupe décédé en 2018 – NDLR), on est toujours là. Il y a toujours une envie, il y a toujours un désir, il y a une énergie.  Et tant que c’est là, on va continuer…

Je vous donne trente secondes pour dire tout le bien que vous pensez du nouveau chanteur de Machiavel, Kevin Cools…
D’abord, il chante extraordinairement bien. Il a un caractère extrêmement fort. Il nous dit souvent “Maintenant, on arrête de faire comme ça parce qu’on a toujours fait comme ça: on va faire autrement”.

Il ose dire des choses comme ça à Marc Ysaye?
Il n’a peur de rien! Au début, c’était un peu particulier, mais on a appris à le connaître… Et puis surtout, c’est un geek au-dessus de tout – ce que nous ne sommes absolument pas. (Rire.) C’est lui qui s’occupe des réseaux sociaux  et il le fait formidablement bien…

Sauf le respect que je vous dois, il est beaucoup plus jeune…
Il a 38 ans de moins que moi, mais je n’ai aucun problème avec ça. (Rire.)

Vous, les réseaux sociaux, c’est pas trop votre truc…
Si, mais pas comme lui. Moi, quand je poste une photo sur Instagram, je suis content.

Ce nouveau chanteur connaissait-il un peu, beaucoup, pas du tout le répertoire de Machiavel?
Je ne pense pas qu’il connaissait le répertoire sur le bout des doigts. Il connaissait, sans plus… Bon, maintenant, il connaît mieux. Mais il avait déjà travaillé avec Mario et Roland de Greef  qui avaient produit son groupe Feel. Et Mario l’avait adoubé, en disant “C’est mon fils spirituel”.

La chose que vous aimeriez faire ou refaire avec Machiavel?
J’aimerais refaire quelques concerts à l’étranger comme dans le temps. Mais bon, il faut être réaliste, Machiavel, personne ne l’attend à l’étranger…

La chose que vous regrettez avoir faite avec Machiavel?
Je regrette d’avoir arrêté en 1982. On n’aurait jamais dû, mais on s’est engueulés comme des gamins, et on a perdu dix ans. On avait le chic à l’époque pour s’entourer et – je m’en veux beaucoup, mais on était jeunes -, dès qu’il y avait un con ou un abruti dans notre entourage, il devenait notre manager. C’est hallucinant, les erreurs de stratégie qu’on a pu faire!

Premier disque acheté?
Je dois dire la vérité?

Évidemment…
Le premier disque acheté, je l’ai volé! En 1967, à 13 ans, j’ai volé Are You Experienced de Jimi Hendrix. J’ai tellement culpabilisé que je n’ai plus jamais volé le moindre bonbon.

Pourquoi avoir choisi la batterie et pas le violon?
Peut-être parce que violon pesait un peu lourd sur mes frêles épaules. (Rire.) Je n’ai pas été élevé dans le culte de mon illustre aïeul (Eugène Ysaÿe, célèbre violoniste, l’arrière-grand-père de Marc Ysaye – NDLR), et j’étais fasciné par la batterie.

La batterie c’est une façon d’exister à l’arrière?
C’est quelque chose qui vous protège.

Marc Ysaye est un grand timide…
Oui, je suis d’accord avec ça.

Phoenix, Moonzoo Music. 

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