"Gigantesque fiotte", "fils de pu*e", "sale chien" : Eddy de Pretto face à 17 hommes poursuivis pour cyberharcèlement

Le harcèlement sur les réseaux n'est plus hors la loi. Eddy de Pretto entend bien voir ses 17 agresseurs condamnés suite à des injures proférées sur le net.

Eddy de Pretto va à son procès pour harcèlement
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En juin 2021, Eddy de Pretto reçoit une invitation pour se produire lors du festival Qui va piano va sano. Le chanteur français y interprète sa chanson À quoi bon au coeur de l’église Saint-Eustache à Paris, évoquant son homosexualité et les oppositions que cela peut engendrer avec la religion. Tout un symbole. "Je crois que je n’suis pas prêt pour obéir à ta Bible […] Je sais ce qui te plaît, je crois que je n’ai pas lu les bons livres/Mais tu me diras “nan, c’est trop, tu n’es pas assez sain”/Pour venir dans tes rangs, il faut n’avoir fait presque rien", livre le parolier.

Dans un cadre intimiste, les notes s’envolent et raisonnent de leur poids. Sa prestation se ponctue par une salve d’applaudissements. Mais quelques heures plus tard, c’est le déferlement sur les réseaux. L’artiste français reçoit plus de 3.000 messages plus violents les uns que les autres.

"Espèce de gigantesque fiotte", "On va te retrouver pour ton manque de respect, fils de pu*e", "Crève en enfer sale chien", "Je vais te violer avec un balai dans une mosquée". Voici pour quelques extraits choisis par l’avocat d’Eddy de Pretto pour illustrer le chapelet d’insultes reçues.

L’artiste a décidé de porter les auteurs de ces messages devant les tribunaux. Ce lundi, 17 jeunes, 17 hommes, étaient déférés devant le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement sur les réseaux sociaux. 12 avaient fait le déplacement. À la barre, Eddy de Pretto a tenu à témoigner : "J’ai eu très très peur, je regardais tout le temps en bas de chez moi avant de sortir pour voir s’il n’y avait pas quelqu’un qui surveillait. Je demandais toujours à avoir un garde du corps pour les sorties officielles. J’ai eu énormément de troubles du sommeil, une crainte forte, des sentiments dépressifs. Je n’arrivais pas à croire cette violence."

17 prévenus, 17 hommes

Si les avocats de la défense ont tenté d’expliquer que cette représentation n’avait pour vocation que de choquer pour créer un buzz commercial, Eddy de Pretto a répliqué : "Je ne vois pas quel est le problème que je sois un sodomite qui chante dans une église, a lancé le chanteur. Mon désir était de poser des questions en tant qu’artiste sur des thématiques cruciales et majeures. Je ne pensais pas que ça pouvait avoir des retours aussi néfastes."

Quotidien suit le procès et décrit les 17 inculpés comme étant pour la plupart de fervents catholiques. "Nous qui faisons souvent des procès, des profils de beaux quartiers on en retrouve peu dans les chambres correctionnelles", interpelle l’un des journaliste sur place. La réplique d’une des avocates de la défense a le mérite d’être claire :"Nul n’est censé ignorer la loi. La justice passe pour tout le monde."

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