Ed Sheeran, Dua Lipa… pourquoi les accusations de plagiat sont légion dans la pop

Ed Sheeran devra prochainement rendre compte de nouvelles accusations de plagiat devant la justice américaine. L’artiste britannique est loin d’être le seul concerné par l’inflation des actions judiciaires qui touchent l’industrie musicale ces dernières années.

Ed Sheeran, Dua Lipa… pourquoi les accusations de plagiat sont légion dans la pop
Ed Sheeran @BELGAIMAGE

La justice américaine s’apprête à trancher une question soulevée en 2016 : Ed Sheeran s’est-il un peu trop inspiré du morceau Let’s Get It On de Marvin Gaye, pour sa chanson Thinking Out Loud ? Les héritiers d’Ed Townsend, co-auteur de Let’s Get It On, accusent en effet l’artiste britannique de plagiat. Le procès, qui aura lieu à Manhattan, intervient quelques mois après une affaire similaire, cette-fois pour le hit planétaire d’Ed Sheeran, Shape of You, que les musiciens Sam Chokri et Ross O’Donoghue jugeaient trop ressemblant à leur propre morceau Oh Why (la justice britannique avait toutefois réfuté leurs accusations).

En mars 2022, Dua Lipa était elle aussi pointée du doigt : plusieurs plaignants, dont le groupe de reggae américain Artikal Sound System réclamaient des dommages et intérêts à la chanteuse pour son titre Levitating, l’accusant d’avoir copié leur Live Your Life.

Accessibilité inégalée depuis Internet

Le plagiat, vieux comme le monde ou presque, n’est évidemment pas l’apanage des années 2020 et de la pop music. Mais ces dernières années, on a pu  tout de même observer un avant et un après Blurred Lines. Sorti en 2013, le carton de Robin Thicke et Pharrell Williams, a été épinglé par les ayants droit de Marvin Gaye (encore eux). Williams et Thicke ont été condamnés à 5,3 millions de dollars, pour "l’emprunt non autorisé" de Got To Give It Up. Depuis, Radiohead a poursuivi Lana Del Rey, Benjamin Biolay, Grégoire… Calogero, Mariah Carey ou encore Sam Smith ont également été accusés et parfois même condamnés.

Si les plaintes pour plagiat sont aujourd’hui beaucoup plus courantes, c’est notamment la conséquence du volume de nouvelles créations musicales publiées sur les plateformes de diffusion (quelque 60.000 par jour rien que sur Spotify). La visibilité et l’accessibilité inégalité que permet Internet influe nécessairement sur une offre musicale qui n’a jamais été autant connectée.

La nature même de la pop, faite d’un brassage revendiqué de tous les styles et tubes possible, augmente également la probabilité de coïncidences, ou "d’emprunts non autorisés".

Et la perspective de bénéfices juteux à retirer d’un procès victorieux est renforcée par la manière dont souvent, les tribunaux procèdent pour trancher, expliquait Slate.

Pour le musicologue Guillaume Gilles, l’offre surabondante de titres rend logique que des morceaux soient amenés à se ressembler.  "Je pense que l’on se fait beaucoup d’illusions quant à l’idée de création dans la musique pop, décryptait-il pour Les EchosLorsque l’on compose un morceau de trois minutes, on n’est tout de même pas dans l’écriture d’une symphonie classique. On va toujours retrouver la même grille d’accords, des triades majeures, des enchaînements similaires. Le matériau est trop restreint pour qu’il n’y ait pas des consonances, des ressemblances. Et avec un peu de malchance, tu tombes sur une phrase, une mélodie que quelqu’un avait déjà imaginée avant toi".

 

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