Avant Forest National, Matthieu Chédid irradie le Zénith de Lille

Tubes, bassiste de Bowie, reprise de Joe Dassin, poses de guitar hero et surprises… Matthieu Chédid prépare du lourd pour son concert du 14 octobre à Bruxelles. Le remède contre l’anxiété ambiante.

Matthieu Chedid en concert
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Inflation, obscurité, froid, redressement de la facture énergétique, guerre en Ukraine, reprise potentielle du Covid… Pour oublier ce mood anxiogène, nous n’avons qu’une seul conseil : courez voir Matthieu Chédid ce vendredi 14 octobre à Forest National. En deux grosses heures, M le Magnifique vous requinquera le moral en vous emmenant dans un univers bienveillant, rempli de poésie, de tolérance, de retour à l’enfance et de voyages oniriques. A lire comme ça, fait sans doute cul-cul la praline. C’est vrai, mais c’est la stricte vérité et c’est tout simplement formidable.

Nous étions ce samedi 1er octobre au Zénith de Lille, seconde date de cette nouvelle tournée d’ d’automne. Dans la salle, qui affichait sold-out, des jeunes, des moins jeunes, venus entre potes ou en famille. Des fidèles, des curieux, des fans de rock aussi qui apprécient les aptitudes de guitar hero du garçon. Outre les chansons solaires et funky de " Rêvalité ", son septième album paru en juin dernier, dévoilées pour la première fois sur scène, la grosse attraction de ce nouveau périple est bien sûr la présence dans son groupe de l’icône Gail Ann Dorsey, la bassiste de Philadelphie qui a accompagné David Bowie durant vingt ans. Son jeu plein d’élégance, sa présence charismatique, son attitude humble irradient le concert.

Matthieu Chedid en concert avec Gail Ann Dorsey

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Life On Mars ?

C’est notre muse ", dira M en la présentant. Il n’a pas tort. Crâne rasé, physique longiligne, accords groovy, Gail Ann Dorsey offre notamment une magnifique version de Life On Mars? de Bowie. Elle réinvente Manitoumani que Fatoumata Diawara chantait avec Matthieu sur l’album " Lamomali " en 2017 et elle partage plusieurs fois le micro, notamment sur un duo tout aussi improbable que bienvenue d’A Toi, classique estampillé " variété française " ce bon vieux Joe Dassin.

Qui de nous deux

Avec le répertoire qu’il a confectionné depuis " Le Baptême " (1997), M peut construire une setlist solide. Il alterne le gros de " Rêvalité "  (huit extraits), tubes et aussi quelques raretés. Outre Gail Ann, un claviériste et deux batteurs/percussionnistes complètent la palette sonore. Après trois morceaux (Home, Rêvalité, Qui de Nous Deux), Matthieu a déjà sorti de grands solos à la guitare électrique et fait jumper le public. Mais il sait aussi temporiser et amener de beaux moments de poésie, comme lorsqu’il remonte dans les souvenirs d’enfance (Mogodo avec une pochette vinyle de papa Louis Chedid et un tourne-disque vintage dans le décor), replonge dans " Un Monstre a Paris " (excellente version de La Seine) ou fait un ludique clin d’œil à son pote Thomas Dutronc (Croc Madam avec chorégraphie de deux hommes habillés en… Croque Madame).

Matthieu CHedid en concert

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Un mec cool

Electrique et acoustique, énergique et romantique, ce spectacle total séduit aussi par sa diversité. Les éléments de décor s’ajoutent et s’enlèvent au fil de la soirée, Gail Ann Dorsey et M changent régulièrement de place, notamment sur un intermède organique (lui au milieu du public, elle en fond de scène avec un projo en contre-plongée) ou un medley euphorique (Grand Petit Con, Supercherie, Mama Sam). Et quand l’heure des hymnes a sonné, c’est l’euphorie totale avec l’énorme Dans Ta Radio, single extrait de " Rêvalité ", qui rivalise avec les Gimmick, Machistador et autre Je Dis Aime. Au Zénith de Lille, Matthieu Chédid a enlevé sa coiffure de super-héros après trois chansons. Il s’est montré tel qu’il est. Un grand musicien, un artiste généreux, un homme sensible, un mec cool. Tout ce qu’on aime. Tout ce qu’on M…

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