L’album "Fossora", une nouvelle aventure expérimentale signée Björk

Plus aventureuse que jamais, l’artiste islandaise offre un trip intimiste et survivaliste sur “Fossora”.

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© Prod.

En latin, “fossor” désigne celle ou celui qui creuse en profondeur dans la terre. Si Björk s’est inspiré de ce mot pour titrer son 10e  album, c’est parce qu’elle compare le processus de création de ses nouvelles chansons au fait de déterrer des champignons. Inspiré par l’écologie, par certaines pratiques du survivalisme et par la nature sauvage de son pays natal où elle a passé tout le confinement “à la recherche de plaisirs simples comme marcher, nager, manger du pudding et du chocolat”, “Fossora” n’est pas un retour aux fondamentaux comme certains l’avaient pensé mais une nouvelle aventure expérimentale. Un disque exigeant, certes, mais qui a le mérite de ne rentrer dans aucune catégorie.

Björk a enregistré “Fossora”, avec un sextet de clarinettes, invité son fils Sindri et sa fille Isadora dans les chœurs, signé un morceau avec le musicien avant-gardiste new-yorkais Serpentwithfeet, repris des beats inspiré de la scène “gabber”, très grossier sous-genre techno hollandais qui faisait un malheur dans les défilés “tuning”, et collaboré avec Gabber Modus Operandi, duo issu de la scène rave indonésienne. Le résultat est pourtant homogène. Chaque plage offre une expérience auditive où se croisent nappées de vocalises, passages contemplatifs (Sorrowful Soil, dédié à Hildur Rúna Hauksdóttir, sa maman homéopathe et militante écolo décédée en 2018), caresses aux frontières de la pop symphonique (le single Ovule) et ballades flirtant avec la comédie musicale (Ancestress). Si Björk creuse ici la terre, ce n’est pas seulement pour trouver des champignons mais aussi pour se rapprocher un peu plus de ses racines. Bien plus convaincant qu’“Utopia”.

*** Fossora de Björk. One Little Indian

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