The Comet is Coming, Grand Corps Malade… Les nouveaux albums à ne pas manquer

Au programme : les frontières du jazz explorées par The Comet is Coming, le trio Grand Corps Malade-Ben Mazué-Gaël Faye, la renaissance de Machiavel et le retour peu convaincant d'Editors.

The Comet is COming sort un nouvel album
© Fabrice Bourgelle

The Comet is Coming

Formé par le claviériste Dan Leavers, le saxophoniste Shabaka Hutchings et le batteur Maxwell Hallett (également derrière les fûts de The Smile, le projet emmené par Thom Yorke de Radiohead), le trio londonien décrivait à ses débuts sa musique comme “l’algorithme du destin”. C’est exactement ça. En malaxant jazz fusion, krautrock, électro, énergie punk et sens de l’improvisation, le trio londonien ne rentre dans aucune case et crée son propre univers où, malgré l’absence de paroles, l’engagement citoyen et politique a son importance.

Ce troisième album au titre toujours aussi énigmatique que les précédents (“Channel The Spirits” en 2016, “Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery” en 2018) est le fruit d’une session intense de quatre jours dans les studios Real World de Peter Gabriel à Bath. À ses effluves de jazz interstellaire et de rock psyché (Code, Pyramids), le groupe imprime de manière plus affirmée un groove électro. The Comet Is Coming cite les soundtracks de John Carpenter (Halloween) comme influence pour l’hypnotique Aftermath tandis qu’Atomic Wave Dance vise clairement le dancefloor et que Tokyo Nights nous renvoie aux eighties avec ses synthés analogiques. En privilégiant des plages courtes (le disque en compte onze), les changements d’ambiances et le brassage des styles, “Hyper-Dimensional Expansion Beam” tient toutes ses promesses et permet à ses auteurs de dépasser le statut de “hype” pour s’inscrire dans la durée.

*** Hyper-Dimensional Expansion Beam. Impulse/Universal

Grand Corps Malade, Ben Mazué et Gaël Faye

En avril dernier, bien que très occupés, Grand Corps Malade, Ben Mazué et Gaël Faye se retrouvent au studio La Fabrique et échangent leurs points de vue. Ce projet, forcément éphémère comme son titre le laisse indiquer, est l’histoire d’une amitié, d’une complicité et d’une belle complémentarité. Les tournées, les souvenirs d’enfance (magnifique Sous mes paupières), la quarantaine, l’attachement à ses racines, les délires de fin de soirée de Victoires de la Musique (l’hilarant On a kidnappé Benjamin Biolay)… Tout est partagé ici en six chansons. Et puis s’en vont…

** Ephémère. Sony Music

Machiavel

Après avoir fait son deuil de Mario Guccio, Machiavel reprend son envol et s’offre un vent de fraîcheur avec Kevin Cools.  Adoubé de son vivant par Mario, Kevin impose son timbre mélodique et son écriture sur dix nouvelles compositions (la onzième, The Following Day, est chantée par Marc Ysaye). “Phoenix” délivre ses ballades (Soulrise, After Life), son classic rock FM (Enlighted) et accélère même le rythme sur Six Feet Under. Un retour digne pour un treizième album qui a tout pour plaire aux fans.

Le 17/11, Théâtre Royal, Mons, le 25/11, Spirit Of 66, Verviers, le 11/3, Cirque Royal, Bruxelles.

** Phoenix. Cod&s

Editors

EBM est l’acronyme d’Editors et de Blank Mass, le projet électro-industriel de John Power, nouveau membre officiel du groupe anglais. Il renvoie aussi à l’“electro body music” chère à Front 242, DAF et autre Nitzer Ebb. Editors annonce donc la couleur sans ambiguïté sur ce 7e  disque. Mais le mariage entre la voix de Tom Smith, les guitares rock et ces beats très eighties ne fonctionne que trop rarement. Et quand ça le fait, ça ressemble à une chute d’un vieux Depeche Mode (Kiss) ou une démo d’Ultravox période Midge Ure (Karma Climb). Pas très convaincant.

Le 26/10, Forest National, Bruxelles.

* EBM. [PIAS] 

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