Pourquoi Britney Spears fascine toujours autant

On dit qu’elle prépare un livre-confession écrit à la nitroglycérine… Objet de toutes les rumeurs, Britney Spears réapparaît en duo avec Elton John et confirme son hallucinante aura médiatique.

Britney Spears
© BelgaImage

Le duo

TF1, La Libre, The Guardian, CNN, RTL, Paris Match, RTBF, Le Figaro, Forbes, BFMTV, Vogue, Vanity Fair… Toutes les rédactions ont commenté le retour à la chanson de Britney Spears – même si le retour en question se limite à un duo avec Elton John où on entend à peine la voix (trafiquée) de l’ancienne petite fiancée de l’Amérique. Dévoilé vendredi dernier, remake dance d’un ancien titre d’Elton John, Tiny Dancer, qui date de 1972, Hold Me Closer est le produit typique de l’époque. Entre retouches numériques (un peu trop voyantes) et opération marketing (réussie – le titre a tout de suite atteint la première place des téléchargements). Si on se fie au nombre de médias – des plus dominants aux plus chics – qui se sont arrêtés sur l’info, le personnage de Britney Spears continue de fasciner. Un mystère médiatique qui a contribué à forger la mythologie moderne d’une enfant surexposée devenue cible de tous les regards et objet de toutes les convoitises.

L’enfant star

Britney Spears n’est pas seulement une chanteuse. La preuve: beaucoup connaissent les ­déboires de sa vie privée sans rien entendre à sa musique. ­Lancée dans le business en 1992 à l’âge de 11 ans comme artiste du Mickey Mouse Club, programme très populaire de ­Disney Channel, Britney Spears est aussi – et surtout – un emblème. Elle est l’illustration de plusieurs passions et préoccupations ­contemporaines – l’argent, le sexe, la réussite, le corps, la ­célébrité, la santé mentale et la violence faite aux femmes.

L’objet sexuel

Ado hyper-sexualisée dès son premier succès – Baby One More Time en 1998 -, Britney Spears devient rapidement une idole pour la ­jeunesse en même temps qu’un ­fantasme érotique. Sa carrière est guidée par son père Jamie Spears dont le rôle sera crucial dans l’évolution du récit médiatique qui fait de Britney, petite fille de la classe moyenne, l’héroïne d’un feuilleton où le glamour côtoie le glauque.

La violence d’un système

Les exigences de l’industrie du spectacle confrontent la chanteuse à une violence toxique qui, peu à peu, lui fait perdre pied. Traquée sans pitié par les photographes, critiquée dans ses moindres faits et gestes, elle s’enlise dans des épisodes de panique que la presse qualifie de “frasques”. En 2007, elle tente de reprendre le contrôle de son image et se rase les cheveux. Au regard de la mystique américaine entourant la chevelure, le geste est presque passé pour un blasphème.

La mise sous tutelle

En 2008, jugée fragile, Britney, mère de deux enfants et source de faramineux revenus, est placée sous tutelle. Sa fortune et sa vie privée sont désormais cadenassées par son père. Cette décision de justice est au centre d’un mouvement de contestation organisé par sa fan-base dont certains membres découvrent une célébrité inattendue. C’est le cas de Chris Crocker (photo) qui, en 2007, poste une vidéo où il supplie de “laisser Britney en paix”.

La libération

Au terme d’une longue procédure, que le public suit comme un nouvel épisode de la saga Britney et comme le calvaire d’une jeune femme prisonnière de son père, la tutelle est levée par un tribunal de Los Angeles en novembre 2021. Le verdict est accueilli comme une “libération” par les comités de ­soutien qui, jour après jour, manifestaient à l’entrée du tribunal.

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