Stromae se confie à GQ: "Je partage avec Brel cette volonté de raconter l’humain"

Alors qu'il termine sa tournée européenne des festivals (avant de s'envoler pour l'Amérique en octobre), Stromae a donné une interview au magazine GQ France dans laquelle il se raconte un peu plus que d'habitude.

Stromae aux Ardentes ©Mathieu Golinvaux
Stromae aux Ardentes ©Mathieu Golinvaux

Entre deux photos cheveux au vent et costume androgyne sur le dos, Stromae raconte à GQ France son année écoulée, de l’écriture en solitaire de Multitudes au passage controversé sur TF1. Il parle aussi de ses goûts personnels pour la comédie et de son rapport avec Jacques Brel. Extraits choisis.

Sur la comparaison avec Jacques Brel

" Je partage clairement avec Brel cette volonté de raconter avec désinvolture l’humain et l’universel à travers des personnes désillusionnées (…) Je ne fais pas partie de ces artistes qui envisagent leur musique comme un journal intime. À la manière de ‘Comme ils disent’ de Charles Aznavour, où il se met à la place d’un homosexuel, j’ai envie de mettre en lumière des gens ou des faits de société. Et pour ça, quoi de plus amusant que d’incarner des personnages ? "

Sur la création en solitaire

Alors que la plupart des pop stars (de Kanye West à Beyoncé) ont tendance à travailler en équipes, à échanger des idées avec de nombreux professionnels de la musique, Stromae, lui, travaille seul: " Être seul, c’est la garantie d’être le plus sincère possible. J’ai beau m’entendre très bien avec mon équipe, je n’ai pas envie de ressentir sa pression, d’avoir la sensation de devoir lui plaire et de ne plus écouter mes envies au moment de créer. "

Sur son côté clown triste

" Je viens d’une culture européenne qui veut que la création passe nécessairement par de la souffrance. Or, j’aimerais prouver qu’il est possible de composer autrement. J’ai toujours du mal à aller vers des paroles plus légères, purement festives, à la façon de “Celebration” de Kool & The Gang. Chez moi, il y a souvent un fond de tristesse ". Et de citer les humoristes et films qui le font rire : Djimo, Les Inconnus, " Le Sens de la Fête " : " Certainement la meilleure comédie française de ces dernières années. Je l’ai vu plusieurs fois et je trouve que ça ne force pas la blague. C’est une histoire avec des vannes, des moments pas forcément drôles. C’est une bonne façon d’envisager l’humour ".

Sur la présentation de " L’Enfer " au JT de TF1

C’est une décision prise à trois, avec son frère et manager Luc Junior Tam et son épouse et styliste Coralie Barbier: "Quand Luc m’a présenté l’idée, j’ai trouvé que ça nous ressemblait. C’était divertissant, à contresens des codes promotionnels habituels, etc. Ça a nécessité de nombreux allers-retours avec la chaîne, c’était super, mais jamais je n’aurais imaginé de telles réactions.  "

Sur le succès

" J’ai toujours réussi à mettre une distance par rapport à mon métier. Ça reste du business. Je ne suis pas de ceux qui sont constamment au téléphone ou qui craignent de ne plus être un jour dans les bonnes grâces des maisons de disques ou des tourneurs. Je ne dis pas que ce serait facile d’accepter que ma musique soit moins écoutée, mais je suis ok avec l’idée de ne plus avoir la cote un jour. "

Sur le même sujet
Plus d'actualité