Tac au tac avec Aldebert: "Les enfants sont un public hyper-exigeant"

Sa série d’albums Enfantillages fait un carton chez les enfants et les parents. Aldebert sera aux Solidarités.

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Vous avez publié cinq albums de chansons et puis, un matin, en 2008, vous vous levez et vous voyez votre chemin de lumière… Vous vous dites “Il faut que je fasse dans le jeune public”.
Ça ne s’est pas passé comme ça. Dans mon répertoire, j’avais des chansons qui parlaient d’enfance. Naturellement, j’ai glissé vers le jeune public avec un répertoire ouvert aux parents et aux grands-parents.

Pour vos albums, plein d’artistes – de Souchon à Calogero, en passant par Youssou N’Dour – acceptent de chanter en duo avec vous. Vous êtes devenu une sorte de Beyoncé de la chanson pour enfants…
(Rire.) Après, il y en a qui n’avaient pas envie de se retrouver dans cet ­univers-là, mais en général, je n’ai pas trop de mal à constituer une équipe.

Qui n’a pas accepté de chanter avec vous?
Je n’ai pas les noms en tête, mais parfois ils ne peuvent pas pour des questions d’agenda… Parfois, il y en a qui ne répondent pas, mais c’est assez rare.

Les enfants, c’est des clients difficiles?
Oui, même si ce n’est pas des clients! C’est un public hyper-exigeant, on doit garder son attention sur un spectacle d’une heure et demie. On ne peut pas tricher, ils manifestent leur désintérêt très vite et de façon très cash.

Vous avez déjà connu des publics qui n’étaient pas intéressés?
Heureusement, non. Au début, on faisait beaucoup de scolaires, et c’était parfois compliqué. D’autant que, en 2008-2009, je découvrais ce public…

Le business jeune public, c’est aussi compétitif que le showbiz ou c’est, par définition, plus Bisounours?
Non, non, ça reste le marché du disque et de la musique: c’est la même chose. Mais il n’y a pas beaucoup d’artistes qui fédèrent enfants et parents, sauf peut-être Adele, Big Flo et Oli ou Angèle.

Vos enfants aiment vos chansons?
Je pense. De temps en temps, ils ­viennent en tournée, et puis, Charlie chante avec moi sur les festivals…

Ils ne sont pas dans le hip-hop…
Ça va arriver, mais disons que j’ai encore deux ans tranquilles…  Mais c’est normal, c’est comme ça qu’ils se construisent…

Quel sujet n’avez-vous pas encore osé aborder dans une chanson?
Les trucs un peu touchy comme la maladie ou la séparation. Ça pourrait venir, mais il faut que je trouve le ton. Je ferais bien une chanson sur le harcèlement à l’école, d’autant que c’est une chose que j’ai vécue, donc…

Ça vous dit quoi, “Killers”, l’album d’Iron Maiden?
C’est le premier album que j’ai acheté, je devais avoir 9 ans…  La pochette était incroyable et quand on est môme, on est très attiré par ce genre d’univers qui semblent être interdits. Je suis entré dans le metal avec ce disque…

Comme dans vos chansons, le metal, c’est bourré de héros…
Il y a des passerelles, oui. Je parle beaucoup de monstres dans mes chansons. J’étais récemment au Hellfest (célèbre festival metal français – NDLR) et je voyais le chanteur de Metallica, Slash des Guns N’Roses. Pour moi, ce sont des super-héros.

Vous préparez un documentaire sur le Hellfest?
J’ai tourné des images sur les familles, pour voir comment le festival résonne chez les enfants. Je ne sais pas ce que je vais en faire, mais j’ai des images…

LES SOLIDARITÉS, le 27/8. Citadelle de Namur.

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