Charles: "J’ai beaucoup appris de mes coups durs"

À l’affiche de la Fête de la musique ce 18 juin avant d’attaquer la saison des festivals, Charles croise guitares trash et pop glamour sur un premier album essentiel.

Charles
© Universal

Rare artiste émergente à avoir saisi sa chance durant la pandémie, Charles est le phénomène musical belge du moment. Une jeune auteure/compositrice dont le propos répond aux préoccupations des femmes de sa génération tout en ayant réussi à imposer un univers, mélange de guitares grungy, de pop moderne et de fragilité organique. Une victoire à The Voice ­Belgique sous son vrai nom Charlotte Foret, deux singles inauguraux (Wasted Time, Far Gone) qui ont cartonné, plus de six millions de streamings avec l’EP “Falling While Rising” (2021), son portrait en format XXL sur un billboard Spotify à Times Square, des live explosifs, des collaborations, des rencontres, des coups bas aussi… En deux ans, son existence a basculé. C’est cette métamorphose qu’elle raconte dans “Until We Meet Again” qu’elle présentera ce samedi 18 juin à Marche-en-Famenne dans le cadre de la Fête de la musique avant de voguer de festival en festival.

Quel est le fil conducteur de ce premier album?
Charles – Même si les thèmes explorés sont différents, toutes les chansons tournent autour de la notion de changement. La plupart des textes ont été écrits en un très court laps de temps, entre ­septembre 2021 et le début de cette année. J’avais peur de ne pas avoir l’inspiration, mais les mots sont venus très rapidement. Je me suis rendu compte que j’avais besoin de revenir sur toutes les expériences auxquelles j’ai été confrontée ces deux dernières années. J’ai 21 ans, j’ai une voiture, j’ai acheté une maison, je travaille, il y a eu beaucoup de mouvement au niveau professionnel et sentimental. J’ai l’impression d’être devenue adulte beaucoup plus vite que mes amies.

En quoi la Charles de 2022 est-elle différente de la Charlotte Foret de The Voice Belgique?
J’ai davantage confiance en moi. Until We Meet Again, la chanson qui donne son titre à ce premier album, évoque cette évolution. J’ai toujours eu de gros problèmes de confiance en moi. Ça remonte à l’enfance. Je me fais aider, notamment par une kinésiologue. C’est un long travail mais il porte ses fruits. Ça va beaucoup mieux aujourd’hui, grâce à ce travail sur moi-même mais aussi grâce à la musique. S’il y a un univers dans lequel je me sens à l’aise et sûre de moi, c’est bien la musique.

Dans votre proposition musicale, il y a un fond très rock qui dénote dans le paysage radio actuel. Ça remonte à l’adolescence?
Le rock, c’est ce que j’écoutais à l’âge de 14-15 ans. Je voulais que ça ressorte sur ce disque car c’est une partie de moi. L’album s’ouvre par Systematic, une chanson avec de grosses guitares et des sonorités très dures enregistrée avec le groupe qui m’accom­pagne sur scène. Ça dénote effectivement par rapport aux sons urbains du moment. Mais j’avais envie de provoquer, de balancer la sauce directement, de montrer que ça fait partie de mon ADN. Ça correspond aussi au thème de la chanson. C’est un coup de gueule adressé à tous ces gens qui ­prennent les autres pour des cons. Le refrain commence par “Give me some space”. Le message est clair.

Vous aviez déjà évoqué les violences conjugales sur votre premier EP avec Gone. Le thème revient sur l’album. En avez-vous été personnellement victime?
Pas personnellement, mais une personne très proche m’a raconté son expérience et ça m’a bouleversée. Le lendemain de son témoignage, j’écrivais You Still Think You’re Right. Dans la foulée, j’ai aussi composé Coward (“lâche”) qui évoque l’entourage des vic­times qui sait mais se tait. Et pour moi ce silence équivaut à une tolérance et ça m’énerve. J’essaie de mettre du rythme dans ces chansons pour contraster avec leur propos. Quand je chante Gone, les gens dansent alors que ce titre évoque des choses drama­tiques. Je trouve ça beau.

“Until We Meet Again” est-il un album féministe?
Je ne le dirais pas comme ça. Je suis féministe mais ça ne ressort pas sur chaque morceau. Je ne sais pas si je pourrais développer une seule thématique sur tout un disque. Ce n’est pas du militantisme, mais je parle clairement de sujets qui touchent les femmes.

L’album est terminé et doit encore être validé par le public. De quoi êtes-vous la plus fière?
Je suis fière du chemin parcouru. Entre mes premiers singles et cet album, ce n’est pas blanc et noir, mais je pense avoir réussi à me réinventer. J’ai aussi beaucoup appris de mes coups durs. C’est peut-être l’un des messages les plus importants que je veux faire passer. Apprendre à lâcher prise… Si certains thèmes explorés dans les chansons ne sont pas joyeux, je ­montre qu’il y a de la lumière au bout et que les épreuves aux­quelles nous sommes confrontés finissent toujours par rendre nos vies meilleures.


Le 18/6, Fête de la musique, Marche-en-Famenne.
Le 8/7, Baudet’Stival, Bertrix.
Le 20/7, Francofolies de Spa.
Le 6/8, Ronquières Festival.
Le 28/8, Scène-sur-Sambre, Thuin.
Le 20/10, Ancienne Belgique, Bruxelles.

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