Patti Smith au Cirque Royal: une icône libre et généreuse

La chanteuse et poétesse Patti Smith donnait ce mardi 31 mai le premier de ses deux concerts complets au Cirque Royal. Une célébration de la vie et des amis disparus.

Patti Smith
Patti Smith. © BelgaImage

J’ai donné mon premier concert belge dans cette salle voici près de cinquante ans. Vous y étiez ? Moi j’y étais, c’ est sûr. Je m’en souviens très bien. Le public était tellement enthousiaste que le sol a failli s’écrouler. Ne faites-pas ça ce soir, OK ? "

Patti Smith est de très bonne humeur ce mardi 31 mai, première de ses deux soirées complètes au Cirque Royal. De bonne humeur et particulièrement émue. " Ces dates ont été reportées une première et puis une deuxième fois. D’autres concerts dans d’autres villes européennes ont dû être annulés, mais je ne voulais pas rater ces dates bruxelloises. Enfin, je suis de retour à Bruxelles ", s’exclame-t-elle.

Rock et poésie

En formule guitare-basse-batterie, avec son fils Jackson à la gratte, l’icône de la scène underground new-yorkaise âgée de 75 ans, transforme la soirée en célébration. Elle reprend Bob Dylan à deux reprises (The Wicked Messenger en intro dans une version rock, âpre et électrique et One Too Many Mornings en mode organique). Chanté par son bassiste Tony Shanahan, le Stone Free de Jimi Hendrix sera aussi relu et -bien- adapté, de même que le blues incandescent Since I’V Been Loving You de Led Zeppelin.

Because The Night

Drôle, émouvante, très bavarde, distraite (elle a oublié ses lunettes dans sa loge, présente deux fois ses musiciens à quelque minutes d’intervalle, oublie l’ordre de la setlist), Patti est toujours en voix. En témoignent la ballade poignante Dancing Barefoot, le vindicatif Gloria de Them ou son hymne fédérateur People Have The Power chanté le bras levé et le poing serré. Les sonorités rock sont sans concession, les morceaux ont parfois tendance à trop se rallonger, surtout en première partie, mais le répertoire est de haute tenue. Le final avec Because The Night, titre cosigné avec Bruce Springsteen, et le brûlot Pissing In The River est de toute beauté. On a aussi apprécié son hommage (et les belles anecdotes qui viennent en présentation) au poète beat Allen Ginsberg sur Footnote To Howl ainsi qu’un clin d’œil qui en dit long à son pote Johnny Depp empêtré dans un procès outrancier avec le très beau Nine (Depp est né le 9 juin) tiré de l’album " Banga " (2012). Une grande dame pour une belle soirée.

Patti Smith se produit ce mercredi 1er juin au Cirque Royal et c’est complet.

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