Le CORE Festival a déjà gagné son pari

La première journée du CORE Festival a attiré 20.000 personnes ce vendredi 27 mai dans un parc Osseghem, à Bruxelles, transformé en jardin extraordinaire. La fête se poursuit ce samedi.

CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume
CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

Vous réunissez le Tomorrowland et LiveNation (Rock Werchter) dans un lieu magnifique et ça ne peut pas rater. Le sens du décorum, de la fête totale et l’expertise en DJing pour le premier. Le professionnalisme, le portefeuille d’artistes internationaux et la réputation de rigueur organisationnelle pour le second. La science du networking et l’appétit événementiel pour les deux. Alors, oui, malgré l’avalanche de propositions live après la pandémie, malgré des critiques et un vent de bashing qui a soufflé ces derniers jours ("les éternels Calimero, une vraie spécialité belge", nous a confié un des organisateurs), la première journée du CORE Festival implanté dans le cadre bucolique du parc Osseghem, au pied de l’Atomium, a tenu toutes ses promesses.

Quinoa et cocktails

CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

Officiellement, il y avait vingt mille spectateurs ce vendredi 28 mai. On en attend encore un peu plus ce samedi où se produisent notamment le rappeur anglais Denzel Curry, le binôme électro français The Blaze, les producteurs Jamie xx (du groupe anglais The xx) et Caribou ainsi qu’une pléthore de DJ’s belges. Il y a eu, certes, quelques couacs de  " jeunesse" , notamment au niveau du système cashless qui a entraîné de longues files dans les points de téléchargement de sa puce électronique, seul sésame permettant de déguster un cocktail servi dans un verre ou une salade de hipster nappée de quinoa et de graines de chia. On vous rassure, il y avait aussi des pils (3,45 euros la pinte, il va falloir s’y faire) et des frites (bien cuites celles-là), mais la tendance était à des produits de qualité.

Un beau mélange

Action Bronson CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

Action Bronson CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

Le public ? Difficile de le réduire à une seule étiquette. Un beau mélange. Autant de filles que de mecs. Moins rock qu’à Werchter, plus âgé qu’au Tomorrowland. Venu parfois de très loin (on a croisé des Portugais de Lisbonne et des Allemands venus de Cologne), en connaissance de cause avec l’envie de faire la fête, de célébrer le retour des festivals en plein air et de partager davantage une vraie expérience qu’une simple succession de concerts. Avec ses quatre scènes entièrement "habillées" , ses écrans LED magnifiques, un son cinq étoiles et une imagination débordante pour mettre en valeur la beauté naturelle du site, le CORE a transformé le parc Osseghem en jardin extraordinaire de tous les délices.

Meute et Nas

MEUTE CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

MEUTE CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

Nas CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

Nas CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

On n’oubliera pas la musique. Si l’Allemand Paul Kalkbrenner n’a pas usurpé son statut de tête d’affiche sur la scène principale Ardo avec une set 100% dancefloor, ce sont ses compatriotes de Meute qui ont réalisé le hold-up émotionnel de cette première journée. Soit une fanfare composée de onze musiciens (yes, comme une équipe de foot) venus de Hambourg, qui malaxe cuivres, percussions, codes d’un brass band et amour de la techno. Bref, le genre de truc qu’on n’écoute pas forcément chez soi pour chiller mais qui prend toute sa dimension en festival. Nas, le vétéran (48 ans) de la scène hip-hop East Coast a livré une prestation aussi implacable qu’épurée: une batterie, un DJ qui scratche et son flow chirurgical. Ajoutez les tubes (N.Y. State Of Mind, The World Is Yours), des projections vidéo, des flammes qui sortent de partout et un public chaud boulette pour vous faire une idée. Nas, lui-même, n’en revenait pas de cet accueil. Touchant et émouvant.

Lous à la maison

Lous and The Yakuza CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

Lous and The Yakuza CORE Festival. Crédit J.C. Guillaume

Notre compatriote Marie-Pierra Kakoma, plus connue sous le pseudo Lous And The Yakuza, a soufflé ses vingt-six bougies ce jeudi 26 mai. Radieuse et ravie de jouer "à la maison", elle a offert une prestation bien plus convaincante que lorsqu’on l’a avait vue à ses débuts à l’Eurosonic en 2020. Entourée de trois musiciens, la jeune femme débute son concert par Tout Est Gore et le conclut avec Dilemme, deux des titres les plus percutants de son album "Gore" sorti en 2020. Mais elle présente aussi un nouveau répertoire, entre néo-soul et R&B, qui a encore gagné en poésie et richesse d’arrangement. Lous gravit chaque échelon avec une belle détermination. Après son concert complet au Botanique ce 1er juin, elle va assurer la première partie des shows d’Alicia Keys et faire deux dates avec Gorillaz en Allemagne. La classe.
Il reste encore des places pour ce samedi au CORE. https://Corefestival.com

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