The Smile, The Black Keys… Les sorties albums à ne pas manquer

Kendrick Lamar n'est pas le seul à avoir sorti un nouvel album. On retiendra également ceux de The Smile, nouveau projet de Thom Yorke, Florence + The Machine, Sharon Van Etten et The Black Keys.

The Smile
© Alex Lake

The Smile

Thom Yorke et Jonny Greenwood de Radiohead associés à Tom Skinner, batteur de la géniale formation néojazz anglaise Son Of Kemet… Réuni en studio, un tel trio ne pouvait pas accoucher d’une daube. Mais ça aurait pu très bien tourner à la grosse indigestion cérébrale. Mais non… “A Light For Attracting Attention” est tout simplement un grand disque de rock. Non seulement il n’y a rien à jeter sur les treize plages, mais ça reste accessible de bout en bout, tout en réussissant à créer de manière instinctive un effet de surprise à chaque morceau. Sur le violent You Will Never Work In Television Again, on plonge dans du rock à guitares comme Radiohead n’en avait plus fait depuis “The Bends” en 1995. The Smile convie une section de cuivres jazz et le London Contemporary Orchestra sur Pana-Vision qu’on a pu écouter dans la série Peaky Blinders. Le trio s’essaye également au krautrock (The Opposite, Thin Thing), à la pop (The Smoke) ou à la ballade champêtre organique (Free In The Knowledge, Skrting In The Surface). Et toujours avec la même réussite. On n’ira pas affirmer que c’est plus passionnant que les derniers albums de Radiohead. Mais on y a pensé. Lancé sans prétention et parce que son initiateur Thom Yorke tournait en rond pendant la pandémie, The Smile s’impose déjà comme un must de cette année. Ces trois mecs sont des génies. Vivement Werchter.

Le 25/6, TW Classic, Werchter.

**** A Light For Attracting Attention. XL Recordings

Sharon Van Etten

Se nourrissant de ses déboires sentimentaux pour sublimer ses compositions, l’Américaine Sharon Van Etten n’extraira aucun single de ce sixième album. “Ces dix chansons sont conçues pour être écoutées dans l’ordre, de telle manière qu’une longue histoire autour des sentiments d’espoir, de perte et de résilience puisse être racontée”, dit-t-elle. Sharon joue de la guitare, du piano, et chante d’une voix qui tutoie les anges.

Le 6/6, Openluchteather, Rivierenhof, Anvers.

*** We’ve Been Going About This All Wrong. Jaggaguwar/Konkurrent

Florence + The Machine

Fascinée par la chorémanie, phénomène d’hystérie collective remontant au Moyen Âge durant lequel les gens dansent de façon incontrôlable, Florence Welsh offre un disque ésotérique de lâcher-prise. Quelque part entre Kate Bush et Björk, la chanteuse anglaise pose sa voix de pythie version 2.0 sur des morceaux aux arrangements soignés. Aux refrains pop de Free et King répondent aussi des chansons folk (Back In Town) ou des ballades exaltant la féminité (Girls Against God, Dream Girl Evil). Déjanté et maîtrisé.

Le 26/6, Encore Festival, Werchter.

*** Dance Fever. Polydor/Universal

The Black Keys

L’un pose en cuisinier tout droit sorti d’un diner américain planté sur une route paumée, l’autre en garagiste plein de cambouis… Avec la photo de pochette de leur onzième album, Dan Auerbach et Patrick Coney ne font pas mystère du contenu. Soit onze titres de blues/rock bien authentique sur lequel s’invite le barbu Billy F. Gibbons de ZZ Top (Good Love). Sorti vingt ans après leur premier disque “The Big Come Up”, “Dropout Boogie” tient toutefois davantage de la récréation que d’un projet de groupe travaillé avec soin. Fun, vintage mais un peu fainéant.

** Dropout Boogie. Nonesuch

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