Les Boys bands ne meurent jamais

Les Backstreet Boys sont de retour avec un nouvel album et un concert au Sportpaleis d'Anvers. Comment ? Ce genre de groupes à midinettes n'était pas supposé ne durer qu'un temps ? Oh que non ! Voici la merveilleuse histoire des boys bands.

Backstreet Boys
« Backstreet’s Back, Alright! » – Belga

Vingt-neuf ans de carrière. Les Backstreet Boys sont prêts à détrôner les Stones. Et pourquoi pas ? Après tout ce temps, le boys band le plus vendeur de l’histoire s’apprête (à nouveau) à remplir une salle gigantesque comme le Sportpaleis d’Anvers. Comment expliquer une telle longévité pour un groupe fabriqué de toute pièce par l’industrie musicale ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Boys band : produit manufacturé dans le but de faire danser les adolescentes en fleur.

Des garçons dans le vent

Quel a été le premier Boys band ? Le déclencheur ? Techniquement, il s’agit d’un groupe vocal de garçons. Qui fait danser les filles en adoration. En somme, c’est la quintessence de la musique pop. Et donc, les Beatles sont peut-être le premier boys band de l’histoire. Si, si, ne vous énervez pas ! Il faut se rendre compte. En 1965, les Fab Four ont arrêté de jouer en concerts parce qu’ils ne s’entendaient plus jouer sous les cris des adolescentes ! C’est en tout cas ce phénomène qui a mis la puce à l’oreille de certains impresario…

Pourtant, ce ne sont pas les Beatles qui sont pris en modèle, mais bien les Osmonds, un groupe familial originaire de l’Utah. Quatre frères qui chantent en choeur et en harmonie, propres sur eux, mignons tout plein. Les Osmonds auront un peu plus tard leur émission de télévision, ils s’installent dans les foyers et vendent des paquets de disques (deuxième boys band le plus vendeur de l’histoire!).

Un autre groupe de frères joue les précurseurs : les Jackson 5. Eux ont presque défini toutes les caractéristiques du boys band moderne tel qu’il naîtra dans les années 80: tubes dansant et à l’eau de rose, chorégraphiés au millimètre, chaque membre du groupe chante et a sa particularité, du plus jeune au plus âgé, ils forment un groupe de garçons à la mode et dans le vent. Et puis, ils sont menés à la baguette par leur manager – à savoir leur père.

Manufacture pop

A partir des années 80, l’industrie s’empare du phénomène et quelques producteurs plus intelligents que d’autres vont se lancer dans la manufacture de ce type de groupes. Ils font passer des auditions à des pretty boys, et les mettent ensemble de manière à ce que chacun soit stéréotypé (il faut un bad boy, un romantic boy, un lover boy…). Ils chanteront ensemble des chansons dansantes et romantiques en dansant avec pour seul but tout avoué de viser le marché des jeunes filles en fleur qui ne rêvent que d’amour ! (Notons au passage que, parallèlement au boys bands se créent aussi des girls bands selon le même principe – mais c’est une autre histoire).

Le premier boys band de l’âge moderne naît à Boston au milieu des années 80. Ils se nomment les New Kids on the Block. Et c’est un carton absolu. Les titres de leur premier album parlent d’eux-mêmes : " Be My Girl ", " Stop it Girl ", " Angel ", " I Wanna Be Loved By You "… Ils n’écrivent aucune de leur chanson, chantent à peine, mais ont un look d’enfer. Il faudra pourtant attendre 1990 et le disque Step By Step pour que les filles tombent en émoi. C’est un point de non-retour.

L’âge d’or s’éternise

Dans les années qui suivent, les boys bands fleurissent des deux côtés de l’Atlantique : Take That, East 17, Boyzone, *NSYNC, Backstreet Boys et 2Be3 en France… Le phénomène est incontrôlable, les jeunes filles se pavanent, en raffolent et en redemandent, les garçons sont admiratifs ou jaloux, le niveau de dévotion dépasse la Beatlemania ! C’est l’âge d’or. Mais c’est un âge d’or qui semble sans cesse renouvelé. Un groupe est à peine périmé qu’un autre débarque pour prendre la place. Et le phénomène est mondial.

La K-pop est entièrement basée sur ce concept de boys bands et girls bands. Aujourd’hui, les Sud-Coréens de BTS mènent la danse. Ils cartonnent aux quatre coins de la planète, chantent en coréen, en chinois, en anglais, partagent le micro avec Coldplay – et ça permet au groupe anglais de rester numéro 1 ! Mais en plus, même les vieux boys bands reviennent à la mode tant ils ont marqué l’adolescence de leurs fans. Ainsi, des Backstreet Boys.

De groupe préfabriqué à star en solo

Un autre phénomène est attaché à ces groupes de garçons coiffeurs, comme on les appelle de manière péjorative. Derrière la manufacture se cache toujours au moins une star en devenir. Voire de véritables artistes. Car si les groupes sont au départ manufacturés, certains membres composent. D’autres prennent la lumière.

Ca a commencé avec les Jackson 5 qui nous ont donné la plus grande star pop de tous les temps : Michael. Ca se poursuit aujourd’hui avec Harry Styles, tout droit issu de One Direction et numéro 1 partout aujourd’hui. Entre les deux, Robbie Williams s’est échappé de Take That, Justin Timberlake de *NSYNC et Mark Wahlberg des New Kids on the Block (même s’il s’est révélé au cinéma). Et puis, n’oublions pas George Michael qui a tout de même commencé dans Wham !

A ce tableau impressionnant, on ajoutera le producteur Max Martin, derrière les tubes de Backstreet Boys à ses débuts et aujourd’hui ex-aequo avec Lennon et McCartney en tant que compositeur à succès ayant atteint le plus souvent le numéro 1 du Billboard américain. La boucle est bouclée ! Voilà pourquoi les boys bands son éternels. Parce qu’ils sont la quintessence de la pop et font partie de nos vies, parfois même sans qu’on le sache et qu’on le veuille ou non !

Sur le même sujet
Plus d'actualité