Renaud toujours debout avec son nouvel album Métèque

L’auteur de Mistral gagnant souffle ses 70 bougies avec “Métèque”, album de reprises où l’émotion ne doit pas faire oublier les faiblesses vocales.

Renaud
© Stephane De Bourgies

Le timing est parfait. Renaud fête son anniversaire ce 11 mai et il revient cinq jours plus tôt dans les bacs avec un ­nouvel album. Un disque de reprises qui ressemble davantage à une démarche contractuelle qu’à une vraie proposition artistique. Extrêmement populaire auprès d’un public qui devra encore faire preuve d’indulgence à son égard pour ses limites vocales, le chanteur a réduit au maximum le service promotionnel de “Métèque”: une journée Spéciale Renaud organisée par France Inter la veille de la sortie du disque, mais aucune interview en amont et surtout pas de tournée dans la foulée.

“Métèque”, que nous n’avons pas pu écouter dans son intégralité avant le bouclage de cette édition, comprend treize relectures de morceaux “qui ont influencé Renaud tout au long de sa carrière”, selon le communiqué de presse. Grand amoureux des mots et de la chanson française, il a déjà pratiqué cet exercice. Après “Le p’tit bal du samedi soir” en 1981, où il chante en public des mélodies popu­laires de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, paraît (en 1993) l’émouvant “Renaud cante el’ Nord”, disque de reprises puisées dans le folklore ch’ti. Renaud a également consacré en 1996 un disque de vingt-trois compositions signées Georges Brassens (“Renaud chante Brassens), qu’il a toujours considéré comme son maître absolu.

Cette fois le répertoire est plus varié sans être genré: une femme seulement (Françoise Hardy avec L’amitié) et onze hommes, Yves Montand ayant droit à deux références (Le temps des cerises, La complainte de Mandrin). Pour le reste, “les influences venant de toute sa carrière” sont essentiellement tirées des années 60 et 70. Brassens est toujours là en embuscade (Bonhomme), mais aussi Jean Ferrat (Nuit et brouillard), Bourvil (La tendresse), Charles Trenet (La folle complainte), le baroudeur Hugues Aufray (Le jour où le bateau viendra) et bien sûr Le métèque de Georges Moustaki qui donne son titre au disque. Comme c’était déjà le cas sur le ­pénible “Les mômes et les enfants d’abord” (2019), la voix est fragile, sans la moindre nuance, souvent corrigée par les artifices du studio, les textes sont plus parlés que chantés. Mais ses fans le savent déjà.

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