Festivals : pourquoi le BSF n’aura pas lieu en 2022

Bientôt les festivals d'été. Alors que quatre petits nouveaux viennent s'ajouter à une offre déjà pléthorique, le Brussels Summer Festival a mis la clé sous la porte. Explications.

RIP BSF
RIP BSF – Belga

D’abord les nouveaux : Rock Werchter Encore, Hear Hear !, CORE et ATØM. Soit des spin-off de de Rock Werchter et du Pukkelpop et de nouvelles offres signées Tomorrowland avec Live Nation, et les Ardentes. En gros. Par contre, le Brussels Summer Festival ne prendra plus ses quartiers dans le centre de la capitale au mois d’août, comme c’était devenu l’habitude depuis vingt ans. La raison peut se résumer à un mot : coronavirus.

Organisé par Brussels Expo, ASBL qui dépend de la Ville de Bruxelles, le BSF n’a jamais gagné d’argent. Il en perdait même. Plusieurs raisons peuvent être avancées : la volonté de garder un prix d’entrée abordable, le manque de rentrées liées à la situation du festival en plein centre-ville (pas de camping, peu de restauration…), les dépenses accrues en matière de sécurité, ajoutés à la concurrence entre les festivals et à la flambée des cachets des artistes… Tout cela a fait que le BSF aurait dû accueillir 70.000 personnes par jour plutôt que 50.000 pour rentrer dans ses frais.

De 50 millions d’euros à zéro

Mais tout cela ne posait pas tant problème… jusqu’à la pandémie de coronavirus. Brussels Expo, qui exploite les parcs des expositions du plateau du Heysel, mise avant tout sur les grands salons (de type Salon de l’Auto et Batibouw) pour ses rentrées financières, a vu son chiffre d’affaire passé de 50 millions d’euros à zéro en 2020.

2021 n’a pas aidé. L’ASBL est tombé au bord de la faillite, son CEO Denis Delforge lançant un appel aux politiques pour renflouer les caisses sous peine de voir l’outil disparaître. La Ville de Bruxelles a notamment fait un prêt de 3 millions d’euros – selon le cabinet de Philippe Close, les pertes au cours des dix-huit mois de Covid s’élèvent à 92 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Dans cet horizon bouché, le BSF est passé à la trappe. En octobre 2021, Brussels Explo licencie dix employés liés au festival, dont son directeur Olivier Leidgens qui nous explique : " Avec le Covid, le BSF n’était plus prioritaire pour les garants du projet au niveau financier ". Exit donc, le Brussels Summer Festival qui a vu passé, devant les fenêtres du roi, tant de stars de la chanson.

Bienvenue à l’Arena5

Ce qui ne signifie pas que Brussels Expo a abandonné sa fibre musicale, si on considère qu’Arena5 prend le relais. Seulement, le concept et l’organisation ont changé. Arena5, qui a vu sa première édition à l’été 2021, n’est pas un festival. C’est une scène en plein air au pied de l’Atomium sur le modèle de ce que la ville de Gand avait fait en accueillant Leonard Cohen, Massive Attack, Björk et bien d’autres sur la place Saint-Pierre.

Mais Brussels Expo n’est pas seule à la manoeuvre. L’ASBL travaille de près avec les organisateurs des Ardentes et le promoteur de concerts Greenhouse Talent (à qui on doit les venues de Rammstein ou des Stones). L’an dernier, Feu ! Chatterton, Véronique Sanson ou Philippe Katerine ont lancé le nouveau concept sous mesures Covid. Cet été, en juin et juillet, l’Arena5 accueillera pour des concerts d’un soir les Dutronc père et fils, MC Solaar, IAM, Nile Rodgers ou encore Gilberto Gil. Le BSF est mort, bienvenue à l’Arena5.

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