Nuits Botanique 2022 : les femmes prennent le pouvoir

Grosse ambiance rock ce mardi 3 mai aux Nuits Botanique avec les filles de Los Bitchos, Melenas et Panic Shack. On vous raconte.

Los Bitchos aux Nuits Botanique ce 3 mai. Copyright Antoine Larsille IPM
Los Bitchos aux Nuits Botanique ce 3 mai. Copyright Antoine Larsille IPM

Les petits malins qui radotent sans arrêt que le rock est mort, que le genre féminin est sous-représenté et que les jeunes n’écoutent que de la musique urbaine n’étaient sans doute pas présents ce mardi 3 mai aux Nuits Botanique. Déplacée de la Rotonde à l’Orangerie en raison de la forte demande de tickets, la soirée emmenée par le phénomène Los Bitchos a tenu toutes ses promesses. Yes, yes, yes… Soit trois jeunes groupes qui jouent sans laptop mais avec des guitares, une basse et une batterie. Douze filles au total pour seulement deux mecs (et encore ils étaient discrets), de la sueur, des tatouages, des bouteilles de tequila qui passent d’un gosier à l’autre, plusieurs nationalités représentées. Que de bonnes vibes en fait… Le tout devant un public dont la moyenne d’âge tournait autour de vingt/vingt-cinq ans. Oui, tout ça casse quelques idées préconçues et c’est aussi pour cette raison qu’un festival défricheur comme les Nuits Botanique existe.

A Moustique, on vous a déjà dit tout le bien qu’il fallait penser de " Let The Festivities Begins ! ", le premier album de Los Bitchos produit par le leader de Franz Ferdinand Alex Kapranos qui est sorti au début de l’année. Un disque hédoniste, comme son nom le laisse supposer, qui prône la liberté, le lâcher prise et, sans rien révolutionner, séduit par le cocktail savamment dosé de ses influences. Los Bitchos, c’est l’Australienne Serra, l’Uruguayenne Agustina, la Suédoise Josefine et l’Anglaise Nic, toutes basées à Londres. Epaulé par un guitariste (un des deux mecs discrets de la soirée), la formation délivre sur scène une musique essentiellement instrumentale quelque part entre la musique surf, Rock The Casbah de The Clash, la bande-son des premiers films de Tarantino, la chicha péruvienne, la cumbia colombienne et une démarché Do it yourself parfaitement assumée. Un concert pour danser, un concert pour oublier mais aussi pour se rappeler que la musique jouée live et sans prétention suscite toujours de belles émotions. Elles nous ont dit qu’elles étaient en tournée depuis un mois et qu’elles trouvaient le public belge " very super hot" . Dans la bouche de Slimane ou de Patrick Fiori, on y verra un compliment hypocrite et " cirage de pompes ". Mais venant de Los Bitchos, on a envie de le croire.

Los Bitchos aux Nuits Botanique ce 3 mai. Copyright Antoine Larsille IPM

Rock et dream pop

Ce mardi nous avons aussi acheté en vinyle " Dias Raros ", le deuxième album de Melenas (20 euros, super pochette et dédicacé avec plein de petits cœurs autour de notre prénom). Et si on l’a fait, c’est parce que la prestation de ce girl group de Pampelune (Espagne) déjà repéré à l’Eurosonic en 2010 nous a séduits. Melenas pratique un rock garage boosté par une grosse basse et des claviers remuants qui ne sont pas sans rappeler le Devo des débuts. Les quatre jeunes femmes imposent aussi dans leur setlist des ballades dream pop plus fragiles ainsi qu’une une reprise d’Eisbär de Grauzone. Trente-cinq minutes chrono pour ce premier concert belge et déjà l’envie de les revoir.

Fuck you

Même impression pour les Galloises de Panic Shack qui ont ouvert la soirée pied au plancher mais sans leur merchandising (pas d’achat de vinyle pour elles, donc) bloqué à la douane. Plus ancré dans la tradition indie punk, le groupe a déjà une poignée de singles remuants et conscientisés à son actif (Who’s Got My Lighter?, Jiu Jits You et I Don’t Really Like It). Née voici quatre ans, la formation cherche encore un son bien à elle et mise encore tout sur sa fraîcheur et son énergie. Elles affirment aussi tout leur girl power en se réappropriant au détour d’un refrain nerveux le " Fuck you, I won’t do what you tell me "  de Rage Against The Machine. Bières dans les deux mains et sourires extasiés sur le visage, elles ont pris ensuite place dans les premiers rangs de la salle pour suivre les concerts de leurs copines. Sympas les meufs…

 

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